Avant de franchir le pas, ils consultent des aînés qui ont traversé des épreuves similaires : Mouss et Hakim du groupe Zebda, Eric et Ramzy, et JoeyStarr. «Tous nous ont dit : "On ne se parle pas assez entre nous"», se rappelle Bigflo. Ce conseil commun les a confortés dans leur choix de suivre une thérapie.
Un double bind que les célébrités engagées connaissent bien
La mésaventure d’Oli s’inscrit dans un phénomène plus large : les artistes et personnalités publiques sont régulièrement pris en étau entre l’injonction à s’exprimer sur les sujets de société et les violences numériques que cette prise de parole déclenche.

La formule de Bigflo — critiqué si l’on parle, critiqué si l’on se tait — résume une réalité documentée par de nombreuses figures du spectacle. Le cas d’Oli illustre comment une simple publication sur Instagram peut exposer son auteur à des menaces suffisamment graves pour le contraindre à couper tout contact avec sa communauté en ligne.
Pour Bigflo et Oli, la sortie par le haut a été artistique et personnelle à la fois : la punchline des Flammes d’un côté, la thérapie de l’autre. Deux réponses distinctes à des pressions qui, selon leur témoignage dans Le Monde, ont profondément marqué leur rapport à la célébrité.
L’entretien accordé au Le Monde le 28 juin intervient alors que Bigflo et Oli préparent la suite de leur carrière après Les autres c’est nous (2022). La question de leur prochain projet musical reste ouverte, tout comme celle de leur rapport futur à l’engagement politique : continueront-ils à prendre position publiquement malgré les risques documentés, ou choisiront-ils de cantonner leur message au cadre de la scène, comme lors des Flammes ? La montée des campagnes de harcèlement numérique contre les artistes engagés pose également la question des recours juridiques disponibles pour les victimes de menaces en ligne — un débat qui dépasse largement le seul cas d’Oli.

