Le Silence Coupable Autour Du Vaccin Méningite B
Cette catastrophe aurait-elle pu être évitée ? La question hante Mélanie. Car jusqu’à cette nuit de juillet 2019, elle ignorait tout de la méningite B et de ses conséquences dévastatrices. Pourtant mère de trois enfants, scrupuleuse sur les vaccins obligatoires, elle n’a jamais entendu parler du vaccin contre cette forme foudroyante. Ni à la maternité, ni chez le pédiatre, ni chez son médecin traitant.
« J’ai fait le vaccin du méningocoque C car Luana est née après le premier janvier 2018 et c’est obligatoire. Mais aucun professionnel ne m’a parlé du vaccin pour la méningite B », déplore-t-elle. La raison ? Ce vaccin reste facultatif et onéreux, non remboursé par la Sécurité sociale. Un détail administratif qui peut coûter deux jambes à un enfant.
« Si j’avais su qu’il existait une méningite avec des petites taches, si les médecins avaient été un peu plus informés, peut-être qu’elle aurait été moins impactée. Il n’y aurait peut-être jamais eu d’amputation », confie la mère lilloise. Sa conviction est désormais inébranlable : « J’estime que la vie d’un enfant, on ne l’achète pas. »
Face à ce silence médical, Mélanie lance un appel aux parents : surveiller tout état inhabituel, fièvre ou non, et ne jamais hésiter à contacter les secours. « Si on ne vous prend pas au sérieux, insistez pour vous faire entendre. »

Le Combat Quotidien D’Une Fillette Amputée Des Deux Jambes
Le 22 juillet 2019, trois jours après son arrivée aux urgences, Luana subit l’irréparable : l’amputation des deux jambes. Elle n’a qu’un an. La nécrose provoquée par le purpura fulminans ne laisse aucune alternative aux chirurgiens. Pour Mélanie, c’est le début d’un combat qui dure encore aujourd’hui, sept ans plus tard.
Mais les épreuves ne s’arrêtent pas là. Une excroissance osseuse se développe aux moignons, nécessitant une seconde intervention chirurgicale. Puis la pandémie de Covid-19 retarde l’appareillage tant attendu. Ce n’est qu’en mars que Luana reçoit enfin ses premières prothèses. Entre-temps, son quotidien s’articule entièrement autour de la rééducation, rythmé par les séances au centre spécialisé.
« Aujourd’hui, physiquement elle est impactée avec une source de handicap. Son quotidien est rythmé avec le mien pour qu’elle puisse enfin marcher toute seule », explique Mélanie, devenue aidante à temps plein. Les progrès sont lents mais réels : Luana se tient désormais debout sans aide, fait quelques pas en tenant la main de sa mère.

