
Progressivement, son état s’est dégradé. Les difficultés respiratoires se sont aggravées au point de l’empêcher d’assister à ses cours. « Il n’arrivait même plus à aller à l’université, au niveau respiratoire ça n’allait plus », raconte sa mère. Atteint d’une pleurésie — une inflammation grave des membranes entourant les poumons — il a été hospitalisé.
À l’hôpital Yves Le Foll de Saint-Brieuc, où il est décédé en juillet 2024, Kantin ne pesait plus que 40 kilogrammes pour 1,82 mètre. Il avait 29 ans.
Des moisissures partout, des alertes sans réponse
L’appartement HLM que la famille Callet occupait était dans un état alarmant. « Sa chambre, le plafond, les murs, tout était moisi », décrit Chantal. L’absence totale de ventilation aggravait la prolifération : « Les microbes envahissaient carrément la pièce. Les murs étaient imprégnés. »

La mère de famille a tout tenté pour assainir le logement par ses propres moyens. « J’avais beau nettoyer, lessiver à la javel, ça revenait sans cesse », témoigne-t-elle. Ces nettoyages répétés ne pouvaient pas venir à bout d’une dégradation structurelle que seul le bailleur avait le pouvoir de traiter durablement.
Chantal Callet affirme avoir alerté le bailleur social à de nombreuses reprises, sans jamais obtenir de réponse ni de travaux. Face à ce silence, sa décision s’est imposée : « Je me suis dit que j’allais me battre jusqu’au bout. Hors de question de laisser passer ça. Il fallait les conduire au tribunal. »
Les obligations légales du bailleur social
En France, tout bailleur — social ou privé — est légalement tenu de louer un logement décent, c’est-à-dire exempt de risques manifestes pour la sécurité et la santé des occupants. Lorsque l’humidité ou les moisissures résultent d’un défaut structurel du bâtiment, la responsabilité incombe au propriétaire, qui doit réaliser les travaux nécessaires. Le locataire peut signaler la situation à l’Agence régionale de santé (ARS), saisir un conciliateur de justice ou, en dernier recours, porter l’affaire devant le tribunal.
Une décision judiciaire notable, mais une indemnisation jugée dérisoire
En février 2026, le juge des contentieux de la protection a reconnu que l’aggravation de l’état de santé de Kantin était « en partie imputable aux problèmes d’humidité de l’appartement ». C’est la première fois dans cette affaire qu’un lien juridique est établi entre le logement insalubre et la maladie.

Le bailleur social a été condamné à verser 11 850 euros à Chantal Callet en réparation du préjudice subi. Une somme que la famille et ses soutiens estiment très loin de refléter la gravité du drame.
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