Bernadette Chirac est décédée le 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans, entourée des siens. L’ancienne Première dame laisse derrière elle sa fille Claude, son petit-fils Martin et de nombreux proches, dont Nicolas Sarkozy. L’ex-président lui a rendu hommage en évoquant notamment une nuit particulièrement douloureuse qu’ils avaient traversée ensemble : celle du décès de Laurence Chirac, en 2016.
En bref
- —Bernadette Chirac décède le 5 juin 2026 à 93 ans
- —Sarkozy évoque cinquante ans d’amitié et de drames partagés
- —Laurence Chirac, sa fille, était décédée en 2016 après des années de maladie
Une disparition annoncée par Claude Chirac
C’est Claude Chirac, sa fille, qui a annoncé le décès de Bernadette Chirac à l’AFP le samedi 6 juin, au lendemain de sa mort survenue le 5 juin 2026. L’ancienne Première dame s’est éteinte paisiblement, entourée des siens, à l’âge de 93 ans.

Épouse de Jacques Chirac, elle laisse derrière elle son petit-fils Martin ainsi que de nombreux proches. Parmi eux, Nicolas Sarkozy, qui a tenu à lui rendre hommage publiquement quelques heures seulement après l’annonce de sa disparition.
L’hommage de Nicolas Sarkozy : cinquante ans d’une amitié indéfectible
Sur Instagram, Nicolas Sarkozy a publié un message empreint d’émotion : « Avec la disparition de Bernadette Chirac, je perds une grande amie qui m’a toujours soutenu politiquement comme personnellement. Elle était fidèle, courageuse, drôle, intransigeante, affectueuse. »

L’ancien président évoquait dans ce message les cinquante années de relation partagée avec Bernadette Chirac, faites selon ses propres mots de « bons moments comme de drames » vécus « intimement ». Une formulation qui faisait directement référence à la nuit du décès de Laurence Chirac en 2016.
Dans son livre Passions, publié en juin 2019, Sarkozy avait déjà raconté cet épisode avec une rare franchise : « Le jour de la disparition de Laurence, elle me téléphona en larmes pour me dire que sa fille venait de mourir et me demanda de la rejoindre à son domicile où son corps reposait sur le lit. Nous étions seuls autour du corps sans vie, pas encore mis en bière. Jamais je n’oublierai ce moment. »
Qui était Bernadette Chirac ?
Épouse de Jacques Chirac, président de la République française de 1995 à 2007, Bernadette Chirac était une figure publique à part entière, connue pour son engagement associatif, notamment au profit des hôpitaux pédiatriques. Mère de deux filles, Claude et Laurence, elle avait traversé de nombreuses épreuves familiales dans la discrétion, tout en maintenant une présence constante sur la scène publique.
Laurence Chirac : une vie marquée par la maladie
Avant son décès en 2016, la vie de Laurence Chirac avait été profondément marquée par la maladie. Dès l’été 1973, lors de vacances en Corse, elle avait développé une anorexie mentale sévère, dont l’état s’était aggravé au fil des années.

Sa santé s’était progressivement détériorée, entraînant une importante perte de poids et de nombreuses hospitalisations. Fragilisée par une dépression chronique et l’isolement, Laurence Chirac avait fait une tentative de suicide en 1990 en se défenestrant de son appartement parisien. Cet épisode s’inscrivait dans une succession de gestes suicidaires liés à la gravité de sa souffrance psychologique.
Les troubles liés à la santé mentale de Laurence Chirac avaient pesé lourdement sur toute la famille, dans un contexte où la prise en charge de ces pathologies restait souvent insuffisante et stigmatisée.
Bernadette Chirac, une mère au combat jusqu’au bout
Bernadette Chirac avait tout mis en œuvre pour tenter d’aider sa fille face à la maladie. « Pour une mère, c’est effroyable », avait-elle confié, résumant en quelques mots des décennies d’inquiétude et d’épuisement.

Elle était restée aussi présente que possible auprès de Laurence, malgré la lourdeur des soins et les rechutes répétées. Ce dévouement maternel, discret mais constant, avait forgé une image de femme forte et résiliente, bien au-delà de son rôle d’épouse de chef d’État.
C’est cette même force de caractère que Nicolas Sarkozy a saluée dans son hommage, décrivant une femme « intransigeante » et « courageuse ». Une description qui prend tout son sens à la lumière de ce que Bernadette Chirac a enduré en silence pendant plus de quarante ans.
La mort de Bernadette Chirac marque la fin d’une époque pour la vie politique française. Au-delà de son rôle d’ancienne Première dame, c’est une femme d’une grande humanité qui disparaît, dont le courage face aux épreuves personnelles — et notamment la maladie de sa fille Laurence — avait forcé le respect. Le témoignage de Nicolas Sarkozy, aussi sobre qu’émouvant, rappelle que derrière les figures publiques se cachent des histoires intimes d’une profonde intensité.


