
Le cas le plus grave recensé est celui d’une patiente victime d’un AVC ayant entraîné une perte définitive de la vue. Pour Me Debuisson, ces cas illustrent une sous-information grave de la part du fabricant quant aux risques réels associés au médicament.
Les chiffres officiels confirment l’ampleur du phénomène. Depuis la commercialisation en France en 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recensé 1 600 cas graves liés aux traitements de la famille des aGLP-1, dont 65 décès — parmi les 870 000 personnes actuellement traitées par ces médicaments sur le territoire.
Un médicament trop souvent prescrit hors de son indication
L’Ozempic a été conçu pour traiter le diabète de type 2 et, sous sa forme Wegovy, certaines formes d’obésité médicale sévère. Mais son efficacité reconnue pour réduire l’appétit et induire une perte de poids rapide a conduit à un usage bien plus large, souvent étranger à toute indication médicale sérieuse.

Me Debuisson dénonce ouvertement cette dérive : « Il faut que les médecins arrêtent de prescrire ces médicaments à des patients qui présentent seulement un léger surpoids. On l’utilise comme un complément alimentaire à visée esthétique. Or, il ne faut surtout pas oublier que c’est un médicament ! »
Le Pr Boris Hansel, endocrinologue-nutritionniste à l’hôpital Bichat à Paris, nuance le propos : selon lui, le problème ne réside pas tant dans une surprescription que dans une mauvaise prescription. Ces traitements sont destinés à des pathologies chroniques et nécessitent un suivi sur le long terme. Or, beaucoup de patients les interrompent après un ou deux ans, souvent parce qu’ils ont été présentés à tort comme une simple solution temporaire de perte de poids.
Cancer de la thyroïde : une controverse scientifique qui persiste
Au-delà des effets secondaires déjà documentés, des recherches interrogent les conséquences à long terme de ces traitements. Une étude publiée dans la revue Diabetes Care a observé une augmentation du risque de cancer médullaire de la thyroïde chez des patients ayant utilisé des médicaments de la famille des aGLP-1 pendant un à trois ans.
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