
Selon l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), la baisse de fréquentation atteint entre 15 et 20 % à l’échelle nationale. Une tendance qui s’installe dans la durée, et que les professionnels du secteur ne peuvent plus attribuer à la seule conjoncture saisonnière.
Les réseaux sociaux amplifient le phénomène. Sur les forums et les fils de discussion en ligne, les retours d’expérience négatifs se multiplient, relayés par des clients qui n’hésitent plus à comparer les établissements entre eux ou avec l’étranger. Cette caisse de résonance numérique contribue à forger — et à répandre — une image dégradée de la restauration touristique française.
Une crise qui s’installe dans la durée
La restauration française encaisse une succession de chocs depuis plusieurs années : crise sanitaire, flambée de l’énergie, inflation des matières premières. Les prix des repas au restaurant ont augmenté de 7,4 % en 2023, puis de 4,8 % en 2024 — des hausses bien supérieures aux niveaux historiques. Le pouvoir d’achat des ménages, lui, n’a pas suivi au même rythme, creusant un écart de plus en plus difficile à combler.
29€ les pâtes, 25€ la salade : le choc des prix qui fait fuir
Le grief qui revient le plus souvent dans les témoignages de vacanciers, c’est celui de l’addition. « Une assiette de pâtes à 29 euros et une salade à 25 euros, à ce tarif-là, même en Italie, on mange trois fois mieux pour deux fois moins cher », s’indigne une vacancière interrogée par le magazine Capital. Ce type de réaction, loin d’être isolé, illustre une rupture de confiance entre les consommateurs et une partie de la restauration touristique.

Dans les zones les plus fréquentées, nombreux sont les visiteurs qui ont tranché : ils ne pousseront plus la porte d’un restaurant. Ils préfèrent improviser un pique-nique, cuisiner eux-mêmes ou se tourner vers la restauration rapide. « Quand je vois les prix, je préfère me faire un pique-nique », résume sobrement un touriste. Plus de 4 Français sur 10 déclarent désormais aller moins souvent au restaurant, en raison directe de la hausse des prix.
Cette perception négative est d’autant plus forte que la qualité perçue ne suit pas toujours. « Le consommateur ne veut plus être pris pour un pigeon à qui on sert du surgelé au prix du frais », résume un internaute dans une formule qui a largement circulé en ligne. Le ticket moyen a pourtant bondi de 9 % ces dernières années, tandis que le nombre de couverts, lui, reculait de 2 %.
Les restaurateurs étranglés par la hausse des coûts
Pour comprendre les prix pratiqués dans les restaurants, il faut regarder du côté des charges. En quelques années, les coûts d’exploitation ont connu une hausse historique. L’énergie a augmenté de 80 % entre 2021 et 2024 pour les établissements de restauration. Les matières premières ont suivi le même mouvement : l’huile d’olive a bondi de 28 %, le beurre de 12 %, le chocolat de 53 %.

Face à cette spirale inflationniste, les marges ont fondu. « Quand vous faites 2 % de marge, la moindre turbulence économique termine l’entreprise », alerte Thierry Marx, président de l’UMIH. Le chef étoilé ne mâche pas ses mots : « Nos entreprises ont des coûts de production très élevés, en France, et par moment, nos prix ne sont pas très attractifs. »
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