
Dans les zones les plus fréquentées, nombreux sont les visiteurs qui ont tranché : ils ne pousseront plus la porte d’un restaurant. Ils préfèrent improviser un pique-nique, cuisiner eux-mêmes ou se tourner vers la restauration rapide. « Quand je vois les prix, je préfère me faire un pique-nique », résume sobrement un touriste. Plus de 4 Français sur 10 déclarent désormais aller moins souvent au restaurant, en raison directe de la hausse des prix.
Cette perception négative est d’autant plus forte que la qualité perçue ne suit pas toujours. « Le consommateur ne veut plus être pris pour un pigeon à qui on sert du surgelé au prix du frais », résume un internaute dans une formule qui a largement circulé en ligne. Le ticket moyen a pourtant bondi de 9 % ces dernières années, tandis que le nombre de couverts, lui, reculait de 2 %.
Les restaurateurs étranglés par la hausse des coûts
Pour comprendre les prix pratiqués dans les restaurants, il faut regarder du côté des charges. En quelques années, les coûts d’exploitation ont connu une hausse historique. L’énergie a augmenté de 80 % entre 2021 et 2024 pour les établissements de restauration. Les matières premières ont suivi le même mouvement : l’huile d’olive a bondi de 28 %, le beurre de 12 %, le chocolat de 53 %.

Face à cette spirale inflationniste, les marges ont fondu. « Quand vous faites 2 % de marge, la moindre turbulence économique termine l’entreprise », alerte Thierry Marx, président de l’UMIH. Le chef étoilé ne mâche pas ses mots : « Nos entreprises ont des coûts de production très élevés, en France, et par moment, nos prix ne sont pas très attractifs. »
Les conséquences sont déjà visibles sur le terrain. Selon l’UMIH, 25 restaurants ferment chaque jour en France, pour des raisons le plus souvent liées à l’augmentation des coûts. La région PACA a perdu plus de 1 800 établissements, l’Île-de-France 1 370. Une hémorragie silencieuse qui touche avant tout les indépendants et les petites enseignes locales.
Formules allégées, food trucks, livraison : les nouvelles recettes pour survivre
Face à cette double pression, le secteur cherche des solutions. L’UMIH appelle à « regarder ça dans le détail pour que la France reste un pays attractif » et encourage les restaurateurs à revoir certaines pratiques tarifaires. Plusieurs établissements envisagent de proposer des formules plus accessibles, de resserrer leurs cartes ou de miser sur un rapport qualité-prix plus lisible pour le consommateur.
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