📌 Patrick Bruel : la directrice d’Unifrance livre son récit glaçant à la police
Posted 7 mai 2026 by: Admin
L’affaire Patrick Bruel franchit un nouveau palier judiciaire. Le 4 mai 2026, Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, a été entendue plusieurs heures par la police judiciaire parisienne dans le cadre de sa plainte pour agression sexuelle et tentative de viol contre le chanteur. Elle a livré aux enquêteurs le récit d’une scène survenue il y a près de trente ans, lors d’un festival au Mexique, qu’elle avait jusqu’ici gardée sous silence.
En bref
- —Daniela Elstner entendue plusieurs heures par la police judiciaire parisienne
- —Des faits allégués remontant à 1997, probablement prescrits
- —Trois enquêtes judiciaires désormais ouvertes en France et en Belgique
Quatre heures d’audition pour briser trente ans de silence
Daniela Elstner a comparu devant les enquêteurs de la police judiciaire parisienne le lundi 4 mai 2026, pour plusieurs heures d’audition. Cette convocation s’inscrit dans le cadre de la plainte qu’elle a déposée le 12 mars 2026 pour agression sexuelle et tentative de viol contre Patrick Bruel, une procédure révélée par Le Parisien.

À l’époque des faits qu’elle dénonce, Daniela Elstner n’avait que 26 ans et occupait un poste d’assistante au sein d’Unifrance. Elle dirige aujourd’hui cette organisation, dont la mission est de promouvoir le cinéma français à l’international. Le poids de sa démarche, menée près de trois décennies après les événements décrits, n’en est que plus saisissant.
La plaignante reconnaît elle-même que les faits qu’elle dénonce sont probablement prescrits. Sa démarche ne vise donc pas nécessairement à déboucher sur une condamnation pénale, mais s’inscrit, selon ses propres termes, dans une volonté de témoigner, de soutenir d’éventuelles autres victimes et de contribuer à libérer la parole autour de cette affaire.
Acapulco, 1997 : le récit d’une agression sur le parking d’un hôtel de festival
Les faits dénoncés remontent à novembre 1997, en marge du Festival du film français d’Acapulco, au Mexique. Ce soir-là, alors qu’elle récupérait seule des bagages sur le parking de l’hôtel du festival, Patrick Bruel serait arrivé derrière elle et l’aurait brusquement poussée dans une voiture, selon son récit repris par Le Parisien.

À l’intérieur du véhicule, conduit par un chauffeur, le chanteur lui aurait, toujours selon ses déclarations, sauté dessus : il l’aurait embrassée de force, puis touchée sur la poitrine et d’autres parties du corps malgré son refus explicite. Daniela Elstner décrit un état de sidération et d’impuissance, affirmant avoir tenté de se débattre et avoir pleuré durant les faits.
La voiture aurait ensuite conduit les deux personnes jusqu’au bungalow de l’artiste. La plaignante affirme s’être retrouvée sur le lit du chanteur et être finalement parvenue à s’échapper après avoir crié et l’avoir repoussé physiquement.
Après sa fuite, Daniela Elstner dit avoir été immédiatement prise en charge par une collègue qui aurait confirmé son état de détresse. Ce témoignage de tiers, recueilli dans le cadre de plusieurs enquêtes journalistiques, constitue un élément de corroboration présenté dans sa plainte.
L’affaire depuis le début
La première plainte formelle connue contre Patrick Bruel a été déposée à Saint-Malo en septembre 2024, pour des faits allégués remontant à 2012. Depuis, plusieurs femmes ont pris la parole publiquement, portées notamment par des enquêtes journalistiques parues dans des médias comme Mediapart. L’artiste, dont la carrière s’étend sur plus de trente ans, n’avait jusqu’ici jamais fait l’objet de poursuites judiciaires.
Trois enquêtes ouvertes, une vingtaine de témoignages : une dimension judiciaire internationale
L’audition de Daniela Elstner s’inscrit dans un dossier judiciaire en rapide expansion. À Paris, une enquête pour tentative de viol et agression sexuelle a été ouverte le 14 avril 2026, directement liée à sa plainte du 12 mars. C’est la plus récente des trois procédures désormais en cours.

À Saint-Malo, une enquête pour viol a été ouverte après une plainte déposée le 30 septembre 2024. Les faits reprochés remontent à octobre 2012, en marge du Festival du film britannique de Dinard, dont Patrick Bruel assurait alors la présidence du jury.
En Belgique, une attachée de presse a déposé plainte pour une agression sexuelle présumée survenue en 2010 dans les locaux de la RTBF à Bruxelles. La justice belge a officiellement ouvert une enquête fin avril 2026, après enregistrement de la plainte dans l’arrondissement judiciaire de Mons.
Au-delà des procédures judiciaires formelles, les médias font état d’une vingtaine de femmes ayant dénoncé des comportements inappropriés ou des violences sexuelles de la part de l’artiste. Les révélations publiées par Mediapart ont joué un rôle déterminant dans l’accélération de l’affaire, encourageant plusieurs femmes à prendre publiquement la parole.
Patrick Bruel nie les faits, Daniela Elstner revendique sa démarche
Face à l’accumulation des témoignages et des procédures, Patrick Bruel maintient une position de contestation ferme. Par la voix de son avocat, Me Christophe Ingrain, le chanteur de 66 ans affirme « n’avoir jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel » et n’avoir « jamais outrepassé un refus ».

Sur les accusations précises de Daniela Elstner, Me Ingrain a déclaré que son client « s’il a pu chercher à séduire, à proposer, parfois de manière indirecte, une relation intime, il ne s’est jamais jeté sur qui que ce soit, ni dans une voiture, ni sur un parking, ni ailleurs ». Cette formulation distingue entre séduction et contrainte, sans répondre point par point aux faits matériels décrits par la plaignante.
De son côté, Daniela Elstner assume pleinement sa démarche malgré la probable prescription des faits. Elle explique vouloir contribuer à la libération de la parole et soutenir d’autres femmes qui pourraient se reconnaître dans son récit. Sa prise de position publique, pour une dirigeante du monde culturel habituellement discrète, est perçue comme un acte fort dans le contexte actuel.
L’audition de Daniela Elstner marque une étape significative dans une affaire qui mobilise désormais la justice de plusieurs pays. Avec trois enquêtes en cours en France et en Belgique et une vingtaine de femmes ayant pris la parole, le dossier continue de s’étoffer. La question de la prescription, centrale dans plusieurs des plaintes déposées, sera déterminante pour la suite des procédures. En attendant, la prise de parole de personnalités comme Daniela Elstner, à la tête d’une institution culturelle majeure, contribue à maintenir le sujet dans le débat public et à interroger les mécanismes qui ont pu permettre à de tels comportements de rester si longtemps sous silence.










