
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, les analystes rappellent que Nicolas Sarkozy, pourtant élu avec un score massif en 2007, n’affichait pas de tels chiffres à stade comparable. Il en va de même pour François Mitterrand, qui remporta la présidentielle de 1988 au terme d’une campagne solide mais sans dominer aussi nettement les sondages préliminaires.
Cette avance en termes d’intentions de vote positionne Bardella non seulement comme le favori de son camp, mais comme le premier candidat toutes tendances confondues dans les projections actuelles.
Le procès Le Pen, une épée de Damoclès sur la stratégie du RN
La montée en puissance de Bardella dans les sondages s’inscrit dans un contexte judiciaire particulièrement lourd pour le Rassemblement national. Marine Le Pen est actuellement jugée en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Le délibéré est attendu le 7 juillet 2026.

Le parquet général a requis à son encontre cinq ans d’inéligibilité, sans exécution provisoire, ainsi que quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis. Une peine de cinq ans d’inéligibilité rendrait de fait impossible toute candidature à la présidentielle de 2027 pour la leader historique du parti.
Cette situation judiciaire accélère mécaniquement la mise en avant de Bardella comme figure de proue du RN. Pour l’heure, le parti n’a formulé aucune déclaration officielle sur une éventuelle candidature de son président, préférant attendre le verdict du 7 juillet avant de clarifier sa ligne.
Le RN face à l’enjeu de la succession
Depuis la condamnation en première instance de Marine Le Pen, le Rassemblement national s’est progressivement repositionné autour de la figure de Jordan Bardella, qui préside le parti depuis 2022. Avec le verdict en appel attendu le 7 juillet 2026, la question de savoir qui portera les couleurs du RN à la présidentielle devrait se clarifier dans les semaines suivant cette date. Le parti traverse ainsi une période de transition inédite dans son histoire.
Face à Philippe : un duel au second tour aux contours encore flous
Si les sondages du premier tour font consensus sur la première place de Bardella, les projections au second tour révèlent une image beaucoup plus contrastée. Plusieurs instituts placent Édouard Philippe comme principal adversaire dans l’hypothèse d’un second tour, mais les résultats varient significativement selon les études.

Certaines enquêtes donnent Bardella vainqueur dans cette configuration, d’autres projettent une victoire de Philippe. Ces écarts illustrent à quel point la dynamique du second tour — traditionnellement marquée par les reports de voix et la mobilisation des abstentionnistes — reste imprévisible à ce stade.
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