
Le 23 avril, la librairie prend le relais. En homme libre, trois cents pages publiées à L’Observatoire, constitue le socle programmatique et intime sur lequel Attal entend bâtir sa campagne. La première séance de dédicaces est fixée au 22 avril à Paris, avant une tournée dans plusieurs villes françaises.
L’opération culmine avec un grand rassemblement du parti Renaissance annoncé pour le 30 mai à Paris. La mécanique d’une pré-campagne est en marche, même si aucune candidature officielle n’a encore été déposée.
Pourquoi 2027 est un scrutin ouvert
Emmanuel Macron, arrivé au terme de son second mandat, ne peut constitutionnellement pas se représenter en 2027. Le bloc central — Renaissance, MoDem, Horizons — se retrouve pour la première fois sans candidat naturel issu du pouvoir. Dans un contexte où le Rassemblement national domine les sondages du premier tour, l’enjeu est de savoir si le centre sera capable de se rassembler autour d’un seul nom avant le scrutin.
Un programme ancré dans la rupture, un portrait sans filtre
Sur le fond, Attal articule sa vision autour de trois constats tirés de son passage à Matignon. Le premier : « l’entrave du pouvoir, notamment par nos finances publiques », un aveu que les marges de manœuvre de l’État restent étroites. Le deuxième : la France s’est muée en ce qu’il appelle une « vétocratie », un système où « quelqu’un est toujours en situation de s’opposer, de bloquer un projet ». Le troisième : « il faut changer radicalement notre façon d’exercer le pouvoir ».

L’ancien Premier ministre règle également ses comptes avec l’histoire récente. Il qualifie la dissolution de l’Assemblée nationale décidée en 2024 par Emmanuel Macron de « l’une des décisions politiques les plus funestes de la Ve République » — un jugement sévère qui marque une prise de distance assumée avec son ancien mentor.
Le livre s’aventure aussi sur le terrain personnel, inédit pour un candidat de son rang. Attal y évoque la mort de son père en 2015, son homosexualité, sa relation avec Stéphane Séjourné et son désir d’avoir des enfants. Il confirme par ailleurs que lui et Emmanuel Macron ne sont plus en contact — une rupture qui cristallise son ambition d’incarner une page nouvelle, et non la simple continuité macroniste.
Le duel fratricide avec Édouard Philippe au sein du bloc central
Gabriel Attal ne court pas seul. Édouard Philippe, maire du Havre et président du parti Horizons, a officialisé sa propre candidature dès 2024. Les deux hommes se disputent le même électorat de centre-droit, avec des profils que tout oppose : l’un mise sur la profondeur d’expérience et l’ancrage territorial, l’autre sur la jeunesse et le renouvellement générationnel. Attal a 37 ans ; Philippe en aura 57 au moment du scrutin.

Dans l’entourage du maire du Havre, la candidature d’Attal est accueillie avec une ironie froide. « Ce serait mieux que ça n’existe pas, mais nous ne pouvons pas l’empêcher », a lâché un proche de Philippe — résumant l’état d’esprit d’un camp qui redoute la dispersion des voix plus qu’il ne craint la concurrence frontale.
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