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24 septembre 2026
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Procès Dati: « Je suis très choquée que vous me traitiez de menteuse »

Le parquet estime qu’elle s’est « précipitée » pour lancer ce cabinet, d’autant qu’elle aurait simultanément proposé ses services dans une lettre adressée à Carlos Ghosn. « On sent que vous avez une impatience à commencer votre activité avant le début de votre mandat », constate Augereau. La réplique de Rachida Dati est immédiate: « Vous avez un sentiment, moi je me conforme à la loi. »

Le procureur insiste: « Mais est-ce que vous avez le sentiment de vous conformer à l’esprit du texte? » L’ancienne garde des Sceaux dénonce un « jugement moral » et se dit dans l’incompréhension: « Je ne comprends pas pourquoi cette situation est légale pour d’autres mais ne l’est pas pour moi. »

Sept ans de procédure

Le dossier opposant le Parquet national financier à Rachida Dati a été ouvert il y a sept ans. L’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, qui était encore ministre de la Culture d’Emmanuel Macron jusqu’en février, comparaît pour des faits présumés de corruption liés à son activité d’avocate et d’eurodéputée entre 2009 et 2013. Elle a par ailleurs récemment demandé sa réintégration dans la magistrature.

300 000 euros par an pour Renault-Nissan: lobbying ou travail d’avocate?

La société de conseil est finalement liquidée à l’automne 2009 sans avoir eu d’activité commerciale. Rachida Dati choisit alors de devenir avocate via une passerelle, profession compatible avec un mandat d’eurodéputée. Mais c’est précisément sous cette qualité d’avocate que le PNF concentre ses accusations.

Les procureurs soutiennent qu’une convention d’honoraires signée avec Renault-Nissan, d’un montant de 300 000 euros par an, dissimulait en réalité du lobbying illégal au Parlement européen pour le compte du constructeur automobile, entre octobre 2009 et février 2013. Rachida Dati nie fermement et conteste que ses prestations aient dépassé le cadre légal de l’exercice du droit.

La tension est palpable dans la salle depuis trois demi-journées d’interrogatoire. Cet affrontement public cristallise, selon les observateurs présents, sept années d’une procédure judiciaire décrite comme ayant laissé « cicatrices et rancunes tenaces de part et d’autre ».

300 000 €
Montant annuel de la convention d’honoraires signée entre Rachida Dati et Renault-Nissan, au cœur des accusations de lobbying illégal portées par le PNF.

Un document « confidentiel » saisi chez Renault au cœur des débats

En soirée, la procureure Caroline Genin fait projeter sur l’écran du tribunal une pochette saisie lors d’une perquisition chez Renault. Elle contient un document de travail amendé de la Commission européenne, accompagné d’un papier portant la mention « document confidentiel de la part de Mme Dati ».

Rachida Dati coupe court: « Vous n’avez aucun moyen de dire que je les ai remis, je n’ai jamais remis ces documents à Renault », arguant que dans cette pochette « tout est mélangé ». La présidente Claire Saas l’invite à adresser ses réponses aux juges plutôt qu’aux procureurs, conformément à l’usage. « Surtout ça va me détendre », réplique l’ancienne ministre.

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