Suivez-nous
24 septembre 2026
Derniers articles

Prothèses anti-hernie: quels risques après la mort d’Arnaud Denis

Fin août 2026, sa plainte a été classée sans suite. Quelques semaines plus tard, le 22 septembre 2026, il choisissait l’euthanasie en Belgique, à l’âge de 43 ans. Sa mort a donné une visibilité nouvelle à un scandale sanitaire qui avait éclaté entre 2017 et 2018 en France, porté par des milliers de patients dénonçant des complications graves et des douleurs chroniques attribuées à ces implants.

Un scandale sanitaire né entre 2017 et 2018

Le dossier des prothèses anti-hernie a éclaté publiquement en France entre 2017 et 2018, porté par des milliers de patients dénonçant des complications graves et des douleurs chroniques invalidantes. C’est à cette même période que ces implants ont été reclassés au niveau européen parmi les dispositifs médicaux à risque élevé, entraînant de nouvelles obligations de suivi pour les fabricants.

200 000 poses par an en France et des centaines de patients en procédure collective

L’ampleur du phénomène est considérable. Selon l’ANSM, plus de 200 000 implants de renfort pariétal sont posés chaque année en France pour traiter les hernies abdominales ou inguinales. Ces prothèses se présentent sous forme de plaques souples, le plus souvent en matière synthétique non résorbable — polypropylène ou polyester — destinées à renforcer la paroi abdominale.

Me Pierre Debuisson, avocat de patients, indique que 216 signalements ont été adressés à l’ANSM et que l’action collective qu’il mène concerne plusieurs centaines de patients. Les procédures visent notamment des chefs de «blessures involontaires, tromperie aggravée et homicide involontaire».

Entre 2020 et 2024, l’ANSM a reçu en moyenne une trentaine de signalements par an. En 2024, des déclarations de patients mentionnaient notamment des douleurs persistantes pouvant altérer la qualité de vie.

200 000
C’est le nombre d’implants de renfort pariétal posés chaque année en France, selon l’ANSM, ce qui illustre l’ampleur de la population potentiellement concernée par ce dossier.

Pas de liste noire, mais une surveillance renforcée de toute la catégorie depuis 2017

L’ANSM n’a pas établi de liste noire ciblant des marques ou des fabricants précis. L’agence rappelle que «comme tout dispositif médical implantable, la pose d’un implant de renfort pariétal peut entraîner des complications» et traite la catégorie dans sa globalité.

Depuis 2017, ces implants sont classés parmi les dispositifs médicaux «à risque élevé» au niveau européen. Cette classification impose aux fabricants un suivi clinique renforcé après commercialisation et l’obligation de déclarer tout signalement grave.

Des fabricants tels que Johnson & Johnson/Ethicon, Medtronic, Becton Dickinson ou B. Braun ont été cités dans des procédures judiciaires, des enquêtes journalistiques ou des retraits de certains produits à l’étranger. L’ANSM ne considère pas pour autant l’ensemble de leurs implants comme défectueux.

Publicité

Articles suggérés

Partager sur Facebook