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17 août 2026
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Retraite 2026 : l’exonération aide à domicile repoussée à 80 ans

Pour les couples, les modalités ont également évolué : il suffit désormais que l’un des deux conjoints atteigne l’âge de 80 ans pour que le foyer bénéficie de l’exonération. En revanche, les couples dont les deux membres ont entre 70 et 79 ans perdent intégralement l’avantage, au même titre qu’un employeur individuel dans cette tranche d’âge.

Jusqu’à 240 euros de plus par mois pour 348 000 foyers

L’impact financier est loin d’être anecdotique. La présidente de la Fédération des particuliers employeurs (Fepem) estime que la réforme entraîne une hausse d’environ 15 % du coût de l’emploi à domicile pour les retraités concernés. Concrètement, cela représente entre 2,50 et 3 euros supplémentaires par heure d’intervention, avant application du crédit d’impôt.

Jusqu'à 240 euros de plus par mois pour 348 000 foyers
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Sur un exemple concret — un senior de 70 à 79 ans employant une aide à domicile à raison de dix heures par semaine — la facture mensuelle grimperait de 814 euros à plus de 938 euros, soit une augmentation de plus de 124 euros par mois. Pour les foyers recourant à davantage d’heures, le surcoût peut atteindre 240 euros mensuels. Une charge supplémentaire que ces retraités n’avaient pas anticipée, et pour laquelle ils ne disposent d’aucun délai d’adaptation réel.

Pour l’État, la mesure représente une économie estimée à 100 millions d’euros par an, selon les chiffres avancés par la Direction de la Sécurité sociale. Une économie budgétaire réalisée au détriment direct d’une population qui dépend de ces services pour préserver son autonomie au quotidien.

15 %
De hausse du coût de l’emploi à domicile pour les particuliers employeurs de 70 à 79 ans, selon l’estimation de la Fepem.

Un secteur vent debout face au paradoxe du virage domiciliaire

Les organisations professionnelles n’ont pas tardé à réagir. La Fepem et la Fesp (Fédération des entreprises de services à la personne) ont toutes deux adressé des courriers au gouvernement pour dénoncer une réforme jugée « nuisible et contraire aux besoins des Français ». C’est notamment sous leur pression que la rétroactivité a été supprimée, même si les deux fédérations considèrent que la réforme elle-même reste inacceptable en l’état.

Un secteur vent debout face au paradoxe du virage domiciliaire
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Les professionnels alertent sur les conséquences concrètes à venir : une partie des employeurs particuliers sera contrainte de réduire le nombre d’heures de leurs intervenants pour absorber la hausse, voire d’y renoncer totalement. Ce recul risque de favoriser le développement du travail non déclaré et d’entraîner des destructions d’emplois dans un secteur déjà fragilisé par les difficultés de recrutement.

Le paradoxe politique est flagrant. Le gouvernement affiche depuis plusieurs années sa volonté de promouvoir le « virage domiciliaire » — le maintien des personnes âgées à leur domicile, présenté comme une alternative moins coûteuse à l’entrée en EHPAD. En renchérissant délibérément le coût de l’aide à domicile pour les 70-79 ans, la réforme va à rebours de cet objectif, au moment même où les listes d’attente en établissement ne cessent de s’allonger.

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