À la racine de ces convictions se trouve une expérience personnelle douloureuse. Stone a vu sa mère finir ses jours en établissement spécialisé, et le souvenir reste vif. « Je n’irai pas en maison de retraite. J’ai vu ma mère en maison de retraite, c’est une horreur royale ! » Pour elle, la question dépasse le confort ou les soins médicaux : elle touche à la liberté de choisir sa propre fin.
Le suicide assisté en Suisse : ce que prévoit le cadre légal
En Suisse, le suicide assisté est légal pour des personnes souffrant d’une maladie incurable et disposant de leur pleine capacité de discernement. Des associations comme Dignitas permettent à des ressortissants étrangers d’y recourir, après constitution d’un dossier médical et évaluation par un médecin suisse. La démarche implique également la désignation d’une personne de confiance pour accompagner le patient. Des Français font régulièrement ce voyage, faute de disposer d’un cadre légal équivalent dans leur pays.
Une artiste lucide sur sa vie, sans apitoiement
Derrière cette prise de position tranchée, Stone dresse un bilan de vie sans fard. Elle reconnaît vivre avec une retraite modeste — autour de 1 000 euros par mois selon ses propres déclarations — et ne masque pas les erreurs du passé. « Nous avons été insouciants », a-t-elle admis en évoquant la gestion financière de ses années de duo avec Éric Charden.

Mais l’artiste refuse qu’on la plaigne. Elle est propriétaire de son appartement parisien et d’une maison de campagne, continue de se produire sur scène, de publier des livres et de porter des projets musicaux. « C’est une bouffée d’oxygène », dit-elle de ses concerts devant un public resté fidèle.
Sa liberté de parole sur la fin de vie n’est pas une posture de désespoir. C’est, à l’en croire, une manière de conserver le contrôle sur ce qui lui appartient encore entièrement : le droit de choisir sa propre fin.
La France bloquée : le Sénat dit non, une nouvelle fois
Stone n’est pas seule dans ce combat. Françoise Hardy, qui souffrait de deux cancers, avait interpellé publiquement Emmanuel Macron dans une lettre ouverte pour réclamer la légalisation de l’euthanasie avant de mourir en juin 2024, à l’âge de 80 ans. À sa disparition, Line Renaud avait relancé cet appel, espérant qu’une loi « verra vite le jour ».

Le blocage législatif persiste pourtant. Le 12 mai 2026, le Sénat a rejeté pour la deuxième fois le texte sur l’aide à mourir, par 151 voix contre 118. Les sénateurs ont supprimé sa clé de voûte : la disposition qui aurait permis à une personne en fin de vie de recourir à une substance létale — auto-administrée ou remise par un soignant — sous conditions strictes.
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