
Mais l’artiste refuse qu’on la plaigne. Elle est propriétaire de son appartement parisien et d’une maison de campagne, continue de se produire sur scène, de publier des livres et de porter des projets musicaux. « C’est une bouffée d’oxygène », dit-elle de ses concerts devant un public resté fidèle.
Sa liberté de parole sur la fin de vie n’est pas une posture de désespoir. C’est, à l’en croire, une manière de conserver le contrôle sur ce qui lui appartient encore entièrement : le droit de choisir sa propre fin.
La France bloquée : le Sénat dit non, une nouvelle fois
Stone n’est pas seule dans ce combat. Françoise Hardy, qui souffrait de deux cancers, avait interpellé publiquement Emmanuel Macron dans une lettre ouverte pour réclamer la légalisation de l’euthanasie avant de mourir en juin 2024, à l’âge de 80 ans. À sa disparition, Line Renaud avait relancé cet appel, espérant qu’une loi « verra vite le jour ».

Le blocage législatif persiste pourtant. Le 12 mai 2026, le Sénat a rejeté pour la deuxième fois le texte sur l’aide à mourir, par 151 voix contre 118. Les sénateurs ont supprimé sa clé de voûte : la disposition qui aurait permis à une personne en fin de vie de recourir à une substance létale — auto-administrée ou remise par un soignant — sous conditions strictes.
La même semaine, le 11 mai, le Parlement adoptait définitivement la loi sur les soins palliatifs, par 325 voix pour et 18 contre. Ce double mouvement illustre la ligne de fracture : une majorité accepte d’améliorer l’accompagnement en fin de vie, mais refuse d’aller jusqu’à en autoriser activement l’issue.
Commission mixte paritaire : dernier recours ou nouveau blocage ?
Après ce deuxième rejet sénatorial, une commission mixte paritaire — composée de 7 députés et 7 sénateurs — doit être convoquée pour tenter de dégager un texte commun. Mais les positions des deux chambres restent si éloignées que les observateurs doutent qu’un compromis soit atteignable.

Si la commission échoue, la Constitution donne le dernier mot à l’Assemblée nationale. Les députés s’étant déjà prononcés favorablement sur le principe de l’aide à mourir, un vote final de la chambre basse pourrait imposer le texte contre l’avis du Sénat.

