📌 Suisse : un canard flashé à 52 km/h par un radar… pour la deuxième fois en sept ans
Posted 24 avril 2026 by: Admin
À Köniz, commune suisse proche de Berne, un radar automatique a photographié un canard colvert en vol à 52 km/h le 13 avril 2025, sur une route limitée à 30 km/h. La scène aurait pu n’être qu’une curiosité anecdotique — si les policiers municipaux n’avaient pas découvert, en consultant leurs archives, qu’un incident strictement identique s’était produit au même endroit, à la même vitesse, exactement sept ans plus tôt jour pour jour.
En bref
- —Un colvert flashé à 52 km/h dans une zone à 30 km/h
- —La même scène s’était produite sept ans plus tôt, même date
- —Les images radar sont certifiées infalsifiables
Un colvert pris en flagrant délit de vol trop rapide
Le 13 avril 2025, le système de contrôle automatique de vitesse installé sur une route de Köniz s’est déclenché comme à l’accoutumée. L’objet détecté dépassait la limite autorisée de 30 km/h : il filait à 52 km/h, soit un excès de 22 kilomètres par heure. Pour le logiciel embarqué, il ne s’agissait que d’un flashage de routine.

Ce n’est que quelques jours plus tard, en dépouillant les données du radar, que les policiers municipaux ont découvert la véritable identité du contrevenant. Sur le cliché, au-dessus de la chaussée, un canard colvert s’envolait tranquillement, ailes déployées. L’appareil, appliquant son programme sans la moindre distinction, avait enregistré l’oiseau exactement comme il l’aurait fait pour n’importe quel véhicule en infraction.
La scène a d’abord provoqué l’amusement au sein des services municipaux. Mais en consultant les archives, les agents allaient bientôt tomber sur une coïncidence autrement plus troublante.
Sept ans plus tôt, la même scène au même endroit
En remontant les fichiers, les policiers ont retrouvé un cliché daté du 13 avril 2018. L’image montrait, au même point précis de la route de Köniz, un colvert en vol mesuré à 52 km/h — exactement la même vitesse, sur la même portion limitée à 30 km/h.

Même lieu, même date du calendrier, même vitesse enregistrée, sept ans d’intervalle : la probabilité d’une telle répétition a immédiatement frappé les agents. La commune a décidé de rendre l’affaire publique en la relayant sur sa page Facebook officielle, qualifiant le volatile d’oiseau « presque récidiviste ».
La publication a rapidement circulé et suscité de nombreux commentaires, soulevant inévitablement des doutes sur l’authenticité des images. L’idée d’un montage numérique, voire d’une création par intelligence artificielle, a été évoquée par plusieurs internautes.
Des radars certifiés, des images impossibles à falsifier
Face aux doutes exprimés en ligne, la police de Köniz a rappelé les garanties légales encadrant les appareils de contrôle automatique en Suisse. Ces équipements sont soumis à une certification annuelle délivrée par l’Institut fédéral suisse de métrologie, l’organisme officiel chargé de valider la fiabilité des instruments de mesure utilisés dans les procédures judiciaires.

Une fois enregistrées, les images issues des radars sont scellées numériquement : toute modification ultérieure du fichier est techniquement détectable et invaliderait immédiatement la procédure. Ce dispositif, conçu pour garantir la recevabilité des preuves devant les tribunaux, exclut par construction toute possibilité de falsification.
Les deux clichés — celui de 2018 comme celui de 2025 — ont donc été produits dans les mêmes conditions légales et présentent les mêmes garanties d’authenticité. La coïncidence, aussi improbable qu’elle paraisse, est bel et bien réelle.
Les radars automatiques en Suisse
La Suisse dispose d’un réseau dense de radars fixes et mobiles, réputé parmi les plus stricts d’Europe. Les appareils fixes sont étalonnés et homologués annuellement par l’Institut fédéral de métrologie (METAS), garantissant leur précision et la recevabilité juridique de leurs données. Les images produites sont horodatées et scellées numériquement dès leur enregistrement, ce qui rend toute altération postérieure détectable.
Quand la faune sauvage traverse les écrans de surveillance
L’anecdote dépasse le simple fait divers. Qu’un canard colvert ait pu emprunter par deux fois la même trajectoire de vol, le même jour du calendrier et à la même vitesse mesurée, relève d’une probabilité statistiquement infime. À moins qu’il ne s’agisse d’un descendant ou d’un autre individu de l’espèce suivant le même couloir naturel de déplacement.

L’épisode met en lumière une réalité rarement évoquée : les infrastructures de surveillance humaine ne font aucun tri entre les espèces. Un radar ne voit pas un oiseau — il détecte un objet en déplacement dépassant un seuil prédéfini. La faune sauvage, elle, continue d’évoluer selon ses propres logiques, indifférente aux limitations de vitesse imposées à hauteur du bitume.
En choisissant de partager l’histoire avec un brin d’humour, la ville de Köniz a offert une fenêtre rare sur ces intersections invisibles entre le monde naturel et les outils de contrôle que les sociétés humaines déploient dans l’espace public.
L’affaire du canard récidiviste de Köniz restera dans les annales des curiosités routières suisses. Au-delà du sourire qu’elle suscite, elle rappelle que les systèmes automatisés de contrôle, aussi précis et rigoureux soient-ils, capturent parfois bien plus que ce pour quoi ils ont été conçus. La nature, indifférente aux panneaux de signalisation, continue de circuler à sa guise — et de finir, à l’occasion, dans les archives de la police municipale.










