
Une Campagne Pour Effacer Les Traces : 350 Femmes En Attente De Libération
Ce parcours de reconstruction a un prix. Le détatouage coûte en moyenne dix fois le montant d’un tatouage initial, soit environ 2 000 euros. Pour Joke, dont le corps entier nécessite un traitement, la facture s’élève à plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Face à cette réalité économique qui condamne nombre de victimes à porter indéfiniment les marques de leur calvaire, Andy Han a franchi une nouvelle étape. Le 6 avril 2026, il a lancé une campagne en ligne visant à récolter 30 000 euros pour financer le traitement de Joke et d’autres femmes dans la même situation.
L’ampleur de la mobilisation révèle un phénomène bien plus répandu qu’imaginé. Actuellement, 350 femmes patientent en liste d’attente auprès de « Spijt van Tattoo » pour effacer des tatouages subis. Ce chiffre glaçant démontre que le cas de Joke n’est pas isolé, mais représente la face visible d’une violence conjugale méconnue.
Ces 350 femmes partagent une réalité commune : leur corps porte la signature indélébile d’hommes qui ont utilisé l’encre comme instrument de possession. Certaines ont quelques tatouages forcés, d’autres des dizaines. Toutes attendent une chance de récupérer l’intégrité de leur enveloppe corporelle.
La campagne de financement ne vise pas seulement à effacer de l’encre. Elle offre une possibilité concrète de tourner définitivement la page d’une période traumatisante, prouvant qu’au-delà de la libération juridique, la reconstruction physique reste essentielle pour retrouver pleinement sa dignité.
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