
La Seconde Guerre mondiale vient tout bousculer. Résistant, il rejoint un 14e bataillon envoyé défendre le front du Rhin. Les années de pénurie laissent une trace durable: « En 1942, on crevait de faim, et heureusement que l’on pouvait faire du jardin. Ça m’a quand même dégoûté des épinards », raconte-t-il au journal Le Progrès, avec cette ironie légère qui ne le quittera plus.
Le 15 août 1944, en Alsace, il frôle la mort face aux SS. « Le 15 août 44, j’ai failli prendre une balle de la part des SS. Une chance inouïe, une chance qui je pense me suivra longtemps », se souvient-il. Quelques semaines plus tard, il est fait prisonnier et embarqué vers l’Allemagne.
Une génération entrée à l’usine avant la guerre
Nés dans les années 1920, de nombreux Français ont commencé à travailler dès l’enfance, avant toute législation protectrice sur le travail des mineurs. La Seconde Guerre mondiale a ensuite bouleversé leurs trajectoires: résistance, captivité, reconstruction. Beaucoup ont passé toute leur vie active dans l’industrie lourde — métallurgie, forges — avant d’être confrontés aux fermetures d’usines des années 1970.
Camp de Nuremberg: quatre jours sans nourriture, 25 kilos perdus
Le voyage vers l’Allemagne se fait dans des conditions éprouvantes. « On a fait quatre jours de train, sans nourriture pour rejoindre le camp de Nuremberg-Langwasser », décrit Paul Petit. À l’arrivée, le camp de travail l’attend.
Articles suggérés
Canicule : pourquoi le lundi travaillé n’est pas remboursé
En France, la canicule de juin 2026 a ravivé la colère autour de la journée de solidarité, ce jour de travail non rémunéré créé…

