Suivez-nous
25 juin 2026

AVC : le marqueur sanguin que votre bilan oublie presque toujours

En France, un accident vasculaire cérébral survient toutes les quatre minutes. Si le cholestérol est systématiquement analysé lors des bilans sanguins de routine, cette donnée seule reste insuffisante pour mesurer le risque réel d’AVC. Une cardiologue attire l’attention sur un marqueur bien plus précis, rarement prescrit : l’ApolipoprotéineB.

Publicité

En bref

  • 1 AVC survient toutes les 4 minutes en France
  • Le cholestérol LDL est calculé, pas mesuré directement
  • L’ApoB compte chaque particule dangereuse dans le sang

190 000 AVC par an : une urgence de santé publique trop souvent banalisée

Les chiffres sont saisissants. Chaque année, 190 000 accidents vasculaires cérébraux et accidents ischémiques transitoires sont recensés en France, selon Santé publique France. En 2022, plus de 122 000 adultes ont été hospitalisés pour un AVC, pour une prévalence estimée à près d’1,1 million de cas dans le pays.

190 000 AVC par an : une urgence de santé publique trop souvent banalisée
Image d’illustration © TOPTENPLAY

L’AVC survient lorsqu’un vaisseau sanguin du cerveau se bouche — c’est l’AVC ischémique, le plus fréquent — ou se rompt, privant une partie du cerveau d’oxygène. Les séquelles peuvent être lourdes : paralysie, troubles de la parole, pertes cognitives. Pourtant, les spécialistes s’accordent sur un point déterminant : 90 % des AVC pourraient être évités en maîtrisant les facteurs de risque connus.

Les inégalités sociales aggravent ce tableau. Les personnes appartenant aux 25 % les plus modestes présentent une fréquence d’AVC 40 % plus élevée que celles du quartile le plus aisé, selon la DREES. Un écart qui rappelle l’importance d’un accès effectif aux bilans de prévention pour l’ensemble de la population.

Publicité
90 %
des AVC pourraient être évités en maîtrisant l’ensemble des facteurs de risque connus, selon les spécialistes.

Ce que le bilan sanguin classique ne voit pas

Le bilan lipidique standard mesure le cholestérol total, le LDL (dit « mauvais » cholestérol), le HDL (dit « bon » cholestérol) et les triglycérides. Ces données sont utiles, mais souffrent d’une limite structurelle importante : le LDL-cholestérol n’est, dans la grande majorité des cas, pas mesuré directement. Il est calculé à partir d’une formule mathématique — la formule de Friedewald — susceptible d’introduire des approximations selon les profils de patients.

Ce que le bilan sanguin classique ne voit pas
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Surtout, ce que mesure le LDL, c’est la quantité de cholestérol contenue dans les particules sanguines — non leur nombre. Or c’est précisément le nombre de particules athérogènes en circulation qui détermine le risque de formation de plaques dans les artères. Ces dépôts graisseux, en grossissant progressivement, peuvent obstruer les vaisseaux et déclencher un AVC ou un infarctus.

Cette limite devient particulièrement critique chez les patients diabétiques ou atteints du syndrome métabolique. Chez eux, le taux de LDL-cholestérol peut paraître dans les normes, tandis que le nombre de petites particules denses et athérogènes en circulation reste élevé. Un risque cardiovasculaire réel, mais entièrement invisible au regard d’un bilan lipidique classique.

Qu’est-ce que l’athérosclérose ?

L’athérosclérose est un processus silencieux par lequel des dépôts graisseux s’accumulent progressivement dans la paroi des artères, formant des plaques qui réduisent leur diamètre. Lorsqu’une de ces plaques obstrue ou se rompt dans une artère cérébrale, elle provoque un AVC ischémique. Ce mécanisme, qui peut se développer pendant des décennies sans symptômes visibles, est à l’origine de la grande majorité des AVC et infarctus du myocarde.

Publicité
Partager sur Facebook