14 mai 2026
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Bordeaux : 1 700 personnes confinées sur un paquebot, la gastro-entérite virale confirmée

Depuis mardi soir 12 mai 2026, le paquebot Ambition est immobilisé dans le port de Bordeaux, ses 1 747 passagers et membres d’équipage confinés à bord après un épisode de gastro-entérite virale. Le CHU de Bordeaux a confirmé le diagnostic mercredi, excluant formellement tout lien avec l’épidémie d’hantavirus qui inquiète l’Europe depuis plusieurs semaines. Une levée partielle du confinement a été prononcée mercredi soir pour les passagers asymptomatiques.

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En bref

  • 80 passagers malades sur 1 747 personnes à bord
  • Décès d’un nonagénaire britannique d’arrêt cardiaque, sans lien établi
  • Confinement partiellement levé mercredi soir pour les non-malades

1 700 personnes bloquées à quai : la chronologie d’une alerte sanitaire

Le paquebot Ambition, opéré par la compagnie britannique Ambassador Cruise Line, avait quitté les îles Shetland le 6 mai pour un itinéraire européen avec escales à Belfast, Liverpool puis Brest. C’est en mer, lundi, que le pic de symptômes digestifs — vomissements et diarrhées — a été enregistré à bord. Le navire transportait 1 233 passagers, majoritairement britanniques et irlandais, ainsi que 514 membres d’équipage de nationalité indienne.

1 700 personnes bloquées à quai : la chronologie d'une alerte sanitaire
Image d’illustration © TOPTENPLAY

À Brest, un passager de 92 ans de nationalité britannique est décédé d’un arrêt cardiaque. Les autorités sanitaires ont précisé dès le départ qu’aucun lien n’était établi entre ce décès et l’épidémie digestive en cours. C’est néanmoins la conjonction de cet événement et de la multiplication des cas qui a conduit à l’immobilisation du navire à Bordeaux, mardi soir, sous la supervision de l’Agence régionale de santé (ARS) et de la préfecture de Gironde.

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Au moment du confinement, 80 passagers présentaient des symptômes compatibles avec une infection digestive aiguë. Ils ont été placés à l’isolement en cabine, sous la surveillance du médecin de bord. Les autres passagers, asymptomatiques, ont été maintenus à bord dans l’attente des résultats d’analyses, sans aucun contact autorisé avec la terre ferme. La piste d’une intoxication alimentaire collective a également été étudiée par les équipes médicales.

80
C’est le nombre de passagers ayant présenté des symptômes digestifs aigus à bord de l’Ambition, soit moins de 5 % des personnes présentes sur le navire — un taux qui illustre la rapidité avec laquelle les autorités ont enclenché le protocole de confinement avant même la confirmation du diagnostic.

Diagnostic confirmé : gastro-entérite virale, levée partielle du confinement

Les premiers tests réalisés rapidement à bord s’étaient révélés négatifs pour le norovirus, l’agent infectieux le plus fréquemment impliqué dans les épidémies à bord des navires de croisière. Des analyses complémentaires ont alors été confiées au pôle d’infectiologie du CHU de Bordeaux, dont les résultats étaient attendus dans la journée de mercredi.

Diagnostic confirmé : gastro-entérite virale, levée partielle du confinement
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le CHU a finalement conclu à un épisode de gastro-entérite d’origine virale, sans identifier de lien avec l’hantavirus. Aucun cas grave n’a été signalé parmi les malades. Cette conclusion a permis aux autorités d’assouplir les mesures : mercredi soir, l’interdiction de débarquement a été levée pour les passagers asymptomatiques, tandis que les personnes encore malades sont restées confinées en cabine.

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La préfecture de Gironde a communiqué régulièrement tout au long de l’épisode, soulignant le caractère purement préventif des mesures. « C’est un climat qui nous conduit à la plus grande prudence », a-t-elle indiqué, en référence explicite au contexte sanitaire international. Le paquebot devait reprendre sa route vers le port de Ferrol, dans le nord de l’Espagne, la décision finale appartenant à la compagnie Ambassador Cruise Line.

Le virus Andes, un hantavirus hors du commun

Contrairement aux autres hantavirus, généralement transmis à l’humain par contact avec des rongeurs infectés, le virus Andes est le seul de sa famille connu pour se transmettre d’humain à humain — potentiellement par voie aérienne lors de contacts étroits et prolongés. Il est endémique dans certaines régions d’Amérique du Sud, notamment en Patagonie, et provoque une fièvre hémorragique à hantavirus dont le taux de létalité peut dépasser 30 % sans prise en charge adaptée. L’épidémie identifiée sur le MV Hondius en avril 2026 constitue, à ce jour, le premier épisode documenté de transmission du virus Andes à bord d’un navire de croisière en dehors de son aire d’endémie habituelle.

Le spectre du MV Hondius : pourquoi les autorités ont réagi avec une telle prudence

Pour comprendre la réactivité immédiate des autorités françaises, il faut replacer cet incident dans son contexte. Depuis fin avril 2026, le navire de croisière MV Hondius est au cœur d’une épidémie d’hantavirus de type Andes qui inquiète les institutions sanitaires mondiales. Ce bateau avait quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril pour une croisière vers le Cap-Vert quand les premiers cas ont été identifiés.

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Le spectre du MV Hondius : pourquoi les autorités ont réagi avec une telle prudence
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Au 12 mai 2026, l’épidémie du Hondius comptait neuf cas confirmés et trois décès, avec des patients rapatriés en Afrique du Sud, en Espagne, en France, en Suisse et aux Pays-Bas. Le CDC américain avait déclenché une alerte sanitaire de niveau 3. La particularité du virus Andes, qui le distingue de tous les autres hantavirus, est d’être le seul connu pour se transmettre d’humain à humain — potentiellement par voie aérienne lors de contacts étroits et prolongés.

C’est donc dans ce contexte de sensibilité extrême que l’alerte sur l’Ambition est survenue. La préfecture de Gironde a tenu à préciser qu’il n’existait aucun lien épidémiologique entre les deux navires. Néanmoins, toute mortalité et tout épisode fiévreux ou digestif à bord d’un paquebot faisait, dans ce climat, l’objet d’une vigilance décuplée. L’Organisation mondiale de la santé avait de son côté estimé que le risque d’épidémie généralisée restait faible, le virus Andes n’ayant jusqu’ici provoqué des transmissions qu’en contexte de contact très étroit.

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