19 mai 2026
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Conflits parentaux : les grands-parents aussi touchés

Dans certaines séparations conflictuelles, la rupture ne concerne pas seulement les parents et les enfants. Selon la psychologue clinicienne Vinita Mehta, l’aliénation parentale peut aussi couper brutalement des grands-parents de leurs petits-enfants, avec des effets psychologiques profonds.

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En bref

  • Les grands-parents peuvent aussi être éloignés.
  • Une étude cite 13 témoignages.
  • La souffrance reste souvent peu reconnue.

Un dommage collatéral des séparations conflictuelles

L’aliénation parentale désigne une situation dans laquelle un parent cherche à détériorer la relation de l’enfant avec l’autre parent. Dans l’article cité par aufeminin, Vinita Mehta rappelle que cette dynamique ne s’arrête pas toujours au couple parental. Elle peut s’étendre à toute une branche familiale.

Un dommage collatéral des séparations conflictuelles
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Les grands-parents du parent visé peuvent alors perdre l’accès à l’enfant, même lorsqu’ils entretenaient jusque-là un lien stable et affectueux avec lui. La rupture n’est donc pas seulement conjugale ou parentale : elle devient familiale.

Cette dimension reste moins visible, car la société considère souvent le lien entre grands-parents et petits-enfants comme secondaire par rapport au lien parent-enfant. Pourtant, dans de nombreuses familles, ces relations apportent des repères, des souvenirs partagés et une forme de continuité affective.

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Pour comprendre

L’aliénation parentale est généralement abordée sous l’angle du parent mis à distance de son enfant. L’article de Vinita Mehta élargit cette lecture en montrant que les grands-parents peuvent aussi être coupés de l’enfant, sans être à l’origine du conflit.

Des grands-parents confrontés à un deuil sans disparition

Pour documenter cette souffrance, Vinita Mehta s’appuie sur une étude menée par Hila Avieli et Inna Levy, de l’Université Ariel. Les chercheuses ont interrogé 13 grands-parents âgés de 63 à 83 ans, séparés de leurs petits-enfants depuis au moins un an à la suite de conflits familiaux.

Des grands-parents confrontés à un deuil sans disparition
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Les témoignages décrivent une douleur proche du deuil, mais sans disparition réelle de l’enfant. L’un des grands-pères interrogés résume cette attente par une phrase simple : « J’espère vivre assez longtemps pour les revoir ».

Ce sentiment est renforcé par le passage du temps. Les grands-parents voient l’enfance de leurs petits-enfants leur échapper, tandis que leur propre vieillissement rend l’attente plus douloureuse. La rupture devient alors une double urgence : préserver un lien et espérer le renouer avant qu’il ne soit trop tard.

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grands-parents âgés de 63 à 83 ans ont été interrogés dans l’étude citée par Vinita Mehta.

Une souffrance encore peu reconnue

L’un des points les plus marquants de l’article est le sentiment d’invisibilité exprimé par les grands-parents. Leur souffrance est rarement au centre des discussions sur l’aliénation parentale, alors même qu’ils peuvent être directement privés d’une relation construite sur plusieurs années.

Une souffrance encore peu reconnue
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Plusieurs participants disent aussi se sentir exclus des décisions familiales. Un grand-père de 65 ans cité dans la source explique : « Je me sens tout seul dans cette bataille ». Cette solitude s’ajoute à l’impuissance, car les grands-parents n’ont pas toujours de prise sur le conflit qui les éloigne de l’enfant.

Les conséquences décrites ne sont pas seulement émotionnelles. Certains témoignages évoquent de l’anxiété, des insomnies, une fatigue chronique ou des symptômes dépressifs. Une grand-mère de 63 ans dit ainsi : « Je ne suis plus la même personne », après avoir dû arrêter de travailler.

Pourquoi préserver le lien quand l’enfant n’est pas en danger

La question n’est pas de nier la complexité des situations familiales. Certains éloignements peuvent être nécessaires lorsqu’il existe un danger, des violences ou un contexte qui menace l’équilibre de l’enfant. L’article source insiste sur le fait que chaque situation doit être regardée dans sa singularité.

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