📌 Corps carbonisé à Allauch : la piste du « barbecue marseillais » privilégiée pour une femme de 26 ans
Posted 10 mai 2026 by: Admin
Le corps carbonisé d’une jeune femme de 26 ans, originaire des Pyrénées-Orientales, a été retrouvé dans une forêt isolée d’Allauch, aux portes de Marseille, dans la soirée du mardi 5 mai 2026. Connue des services de police et récemment interpellée sur un point de deal, la victime pourrait avoir été exécutée avant que son corps ne soit incendié, selon une méthode criminelle connue sous le nom de « barbecue marseillais ». Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour assassinat, confiée à la division spécialisée dans le crime organisé.
En bref
- —Corps découvert le 5 mai 2026 dans une forêt d’Allauch, identifié trois jours plus tard
- —Victime de 26 ans récemment interpellée sur un point de deal marseillais
- —Un élément de munition retrouvé sur place : piste du narchomicide étudiée
Un cycliste, une colonne de fumée noire et une macabre découverte
Tout commence par une alerte anodine. Ce mardi soir, un cycliste parcourant les sentiers de la forêt d’Allauch, commune résidentielle aux marges orientales de Marseille, aperçoit une épaisse colonne de fumée noire s’élever depuis un secteur très peu fréquenté. Il donne immédiatement l’alerte.

Lorsque les pompiers arrivent sur place, ils font une découverte macabre : un corps entièrement carbonisé gît dans une clairière isolée, loin de tout chemin balisé. L’identification de la victime prendra plusieurs jours, compte tenu de l’état du corps. Ce n’est que le vendredi suivant, soit trois jours après la découverte, que le parquet de Marseille confirme officiellement l’identité de la femme.
Dès le soir de la découverte, le parquet ouvre une enquête pour assassinat, confirmant une information initiale du journal La Provence. La localisation du corps dans un secteur délibérément écarté, et les premières constatations sur place, orientent rapidement les enquêteurs vers la piste criminelle.
Qui était cette femme de 26 ans originaire des Pyrénées-Orientales ?
La victime est une jeune femme de 26 ans, originaire des Pyrénées-Orientales, département voisin des Bouches-du-Rhône. Son identité a été établie par les enquêteurs et confirmée vendredi 8 mai par le parquet de Marseille.

Elle était connue des services de police. Selon une source proche du dossier, elle avait récemment été interpellée sur un point de deal situé à proximité de la cité Benza, un quartier sensible et paupérisé de l’est marseillais régulièrement associé au trafic de stupéfiants. Cette arrestation récente constitue, pour les enquêteurs, un élément central dans la reconstitution de son environnement au moment des faits.
Sa présence dans les réseaux de deal marseillais, alors qu’elle était originaire d’un autre département, suggère qu’elle gravitait dans un milieu particulièrement violent, où les règlements de comptes entre trafiquants peuvent se conclure par une exécution.
La cité Benza, un point de deal connu des services de police
La cité Benza est un quartier sensible situé dans l’est de Marseille, régulièrement cité dans des affaires liées au trafic de stupéfiants. Les points de deal y sont connus des forces de l’ordre, qui y mènent des opérations régulières. La récente interpellation de la victime à proximité de ce site constitue un élément clé pour les enquêteurs, qui cherchent à reconstituer son environnement et ses liens au moment des faits.
Le « barbecue marseillais » : exécuter, brûler, terrifier
Un élément de munition a été retrouvé à proximité immédiate du corps, selon le parquet de Marseille. Ce détail est déterminant : il suggère que la victime a d’abord été abattue par arme à feu, avant que son corps ne soit incendié. Ce mode opératoire correspond à ce que le milieu criminel nomme le « barbecue marseillais ».

Cette méthode d’exécution poursuit un double objectif. Il s’agit d’abord de détruire un maximum de preuves matérielles — ADN, empreintes digitales, résidus balistiques — afin de compliquer considérablement le travail des enquêteurs. Mais l’incendie du corps revêt également une dimension symbolique : il constitue un message d’intimidation adressé aux réseaux rivaux, une démonstration de force brutale dans un milieu où la peur est un outil de pouvoir.
« La piste d’un narchomicide fait partie des pistes étudiées, parmi d’autres », a indiqué le parquet de Marseille, employant ce terme qui désigne les homicides directement liés au trafic de stupéfiants. Si cette piste se confirme, l’affaire s’inscrirait dans une série noire qui frappe Marseille depuis le début de l’année 2026.
Une enquête confiée à la DCOS dans un Marseille sous tension criminelle
L’affaire a été confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Marseille, unité compétente pour les dossiers les plus complexes liés au grand banditisme. Au stade actuel de l’enquête, aucun suspect n’a été appréhendé, a précisé le parquet.

Ces affaires de narchomicides figurent parmi les plus difficiles à résoudre pour les services judiciaires. La destruction méthodique des preuves — précisément visée par l’incendie du corps — prive les enquêteurs d’une grande partie des éléments habituellement disponibles sur une scène de crime. L’identification de la victime elle-même a requis plusieurs jours de travail.
Cette affaire survient dans un contexte d’escalade des violences liées au trafic de stupéfiants à Marseille. Un premier narchomicide avait déjà été enregistré dès le 1er janvier 2026, avec la découverte d’un corps carbonisé dans le coffre d’une voiture incendiée dans le nord de la ville. La deuxième ville de France fait face à une vague de cocaïne alimentée par sa position de carrefour portuaire stratégique en Europe, dans un contexte où les guerres entre réseaux rivaux se font de plus en plus meurtrières.
Cinq jours après la découverte du corps dans la forêt d’Allauch, l’enquête reste ouverte et aucun suspect n’a encore été identifié. La DCOS de Marseille, rodée aux dossiers les plus opaques du grand banditisme, devra démêler les circonstances exactes de ce qui ressemble à une exécution en règle. Si la piste du narchomicide se confirme, le meurtre de cette jeune femme de 26 ans rappellera une nouvelle fois que la violence du trafic de drogue à Marseille continue de faire des victimes bien au-delà des seuls chefs de réseau — touchant aussi ceux qui, en bas de l’échelle, n’ont souvent que peu de moyens de s’en extraire.









