
Les auteurs, cités par Psychologies et publiés dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, concluent : «Dans cette étude de cohorte prospective, une meilleure adhésion au régime MIND était associée à un ralentissement de l’atrophie structurelle cérébrale, notamment en ce qui concerne la perte de substance grise et la dilatation ventriculaire. Ces résultats confirment le potentiel du régime MIND comme stratégie pour préserver la santé cérébrale et retarder le vieillissement structurel du cerveau.»
Parmi les aliments qui ressortent de cette analyse, les fromages très affinés — gouda, Comté, certains chèvres et brebis au lait cru — occupent une place notable. Selon les chercheurs, leur richesse en vitamine K2 et en peptides bioactifs les rendrait particulièrement favorables aux vaisseaux cérébraux et à l’hippocampe, la zone du cerveau directement impliquée dans la mémoire.
Le régime MIND, une approche nutritionnelle pour le cerveau
Le régime MIND (Mediterranean-DASH Intervention for Neurodegenerative Delay) combine les principes de l’alimentation méditerranéenne et du régime DASH, initialement conçu contre l’hypertension. Il met l’accent sur les légumes verts, les baies, les noix, les légumineuses, les poissons gras et l’huile d’olive, tout en limitant les viandes rouges et les aliments ultra-transformés. Plusieurs études l’associent à un ralentissement du déclin cognitif lié à l’âge.
En Suède, 25 ans de suivi et un risque de démence vasculaire réduit de 29 %
La deuxième étude, menée en Suède, est l’une des plus longues jamais conduites sur ce sujet : 27 670 personnes, d’un âge moyen de 58 ans, ont consigné précisément leur alimentation pendant une semaine, en détaillant notamment leur consommation de fromages riches en graisses — cheddar, gouda, brie. Elles ont ensuite été suivies pendant près de vingt-cinq ans.

Les résultats, rapportés par Santé Magazine, sont nets : parmi les grands amateurs de ces fromages à plus de 20 % de matières grasses, 10 % ont développé une démence, contre 13 % chez ceux qui en consomment peu. Le risque de démence vasculaire y est inférieur de 29 %.
La chercheuse Emily Sonestedt résume le renversement que représentent ces données : «Pendant des décennies, le débat sur les régimes riches en graisses par rapport aux régimes pauvres en graisses a façonné les conseils de santé, allant même jusqu’à classer le fromage parmi les aliments malsains à limiter. Notre étude a révélé que certains produits laitiers riches en matières grasses pourraient en fait réduire le risque de démence, remettant en question certaines idées reçues sur les matières grasses et la santé cérébrale.»
Les chercheurs relèvent également un risque un peu plus faible de maladie d’Alzheimer, mais avec une réserve importante : cet effet ne s’observe que chez les personnes qui ne portent pas la variante génétique APOE E4, connue pour augmenter la susceptibilité à la maladie.
Vitamine K2, peptides bioactifs : pourquoi ces fromages agissent différemment des allégés
Un résultat de l’étude suédoise mérite d’être souligné : aucun effet protecteur n’a été retrouvé pour les fromages allégés, le lait, la crème légère, le yaourt, le kéfir ou le beurre. La protection semble donc spécifique aux fromages gras et affinés, et non aux produits laitiers en général.
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