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30 juin 2026

Hantavirus à Marseille : l’IHU sous tension, les soignants en alerte

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Marseille en première ligne : une chaîne de contacts à trois niveaux
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Deux autres jeunes gens d’une vingtaine d’années, d’origine sud-africaine, ont également été placés en quarantaine renforcée à l’IHU. Il s’agit de contacts directs de la patiente de Juan-les-Pins — soit des « cas contact-contact-contact » par rapport au foyer d’origine. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a confirmé que l’ensemble des 22 cas contacts identifiés en France sont « actuellement hospitalisés ».

Les trois patients sont isolés en chambre haute sécurité à pression négative, où l’air est filtré en permanence pour empêcher toute diffusion du virus vers l’extérieur. Leurs prélèvements sont traités dans un laboratoire de niveau P3 — protection maximale pour ce type de pathogène —, où les techniciens travaillent sous scaphandre. Les résultats des tests sont attendus dans les prochaines heures.

Le virus des Andes : une anomalie parmi les hantavirus, sans traitement connu

Sur les 38 hantavirus connus, le virus des Andes est le seul pour lequel une transmission d’humain à humain a été scientifiquement documentée. Tous les autres ne se propagent qu’à partir de rongeurs infectés, par inhalation d’aérosols contaminés. Dans le cas du virus des Andes, une contamination entre personnes est possible lors de contacts étroits, notamment avec des soignants au cours des premiers stades de la maladie. Il circule principalement en Amérique du Sud et reste peu connu du grand public européen.

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Le virus des Andes : une anomalie parmi les hantavirus, sans traitement connu
Image d’illustration © TOPTENPLAY

La maladie se manifeste brutalement après une incubation d’environ deux semaines — pouvant aller jusqu’à six semaines —, avec une défaillance cardio-pulmonaire sévère. Selon l’Institut Pasteur, le taux de mortalité peut atteindre 30 à 60 %. Il n’existe à ce jour aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique contre cette souche : la prise en charge reste exclusivement symptomatique, fondée sur l’assistance respiratoire et cardiaque. En France, la première patiente confirmée positive — une femme de plus de 65 ans — est sous assistance respiratoire artificielle à l’hôpital Bichat, dans un état très critique.

L’Agence sanitaire de l’Union européenne (ECDC) a indiqué qu’aucun signe de mutation de la souche circulante n’a été détecté à ce stade. L’OMS juge le risque de propagation à grande échelle comme faible. La ministre de la Santé a écarté toute « circulation diffuse » du virus sur le territoire français, tout en maintenant un niveau de vigilance élevé pour l’ensemble des cas contacts identifiés.

30 à 60 %
C’est le taux de mortalité estimé du virus des Andes selon l’Institut Pasteur — faisant de cette souche l’une des plus létales parmi les 38 hantavirus connus, et la seule à transmission interhumaine documentée.

Les soignants tirent la sonnette d’alarme : l’hôpital public « rongé à l’os »

Kévin Bardy, délégué Sud Santé à l’IHU, est sans ambiguïté : « La capacité de l’IHU est limitée. Nous ne pourrons pas confiner tous les cas suspects si le nombre venait à augmenter. » Il pointe l’inégalité de préparation entre établissements : « A-t-on vraiment les moyens d’isoler tous les cas contacts ? Tous les établissements sont-ils équipés ? La réponse est non. » Il réclame qu’une organisation pérenne soit mise en place avec l’AP-HM avant que la situation n’évolue.

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Les soignants tirent la sonnette d'alarme : l'hôpital public « rongé à l'os »
Image d’illustration © TOPTENPLAY

À l’AP-HM, le délégué syndical FO Nicolas Sousse partage cette inquiétude. « Nous avons déjà du mal à faire face aux crises saisonnières comme la grippe. Comment pourra-t-on affronter ce virus ? Nous n’avons pas tiré toutes les leçons de la pandémie de Covid-19 », affirme-t-il. Pour lui, la capacité réactionnelle de l’hôpital public « ne tient que sur un fil : la volonté des soignants au détriment de leurs conditions de travail ».

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