📌 Hantavirus sur le MV Hondius : 3 morts, 5 cas confirmés, ce que l’on sait
Posted 7 mai 2026 by: Admin
Trois personnes sont mortes et cinq cas ont été confirmés à bord du navire de croisière MV Hondius, bloqué en Atlantique après la détection d’un foyer d’hantavirus parmi ses passagers. La souche identifiée est celle des Andes, la seule parmi les 38 souches connues à pouvoir se transmettre d’un être humain à un autre. L’Organisation mondiale de la santé écarte tout risque pandémique, mais les investigations restent en cours.
En bref
- —3 morts et 5 cas confirmés à bord du MV Hondius
- —Souche des Andes : seul hantavirus transmissible entre humains
- —L’OMS écarte tout risque pandémique
À bord du MV Hondius : chronologie d’une crise sanitaire en haute mer
Le navire MV Hondius avait appareillé le 1er avril 2026 depuis Ushuaïa, en Argentine, pour une expédition vers l’archipel du Cap-Vert. À son bord se trouvaient quelque 150 passagers représentant 23 nationalités différentes.

Le 6 avril, un premier passager, un ressortissant néerlandais âgé de 70 ans, présente des symptômes — fièvre, maux de tête, diarrhée. Il décède le 11 avril, son décès étant initialement attribué à des causes naturelles. Son corps et celui de son épouse, une Néerlandaise de 69 ans, sont débarqués le 24 avril à Sainte-Hélène, possession britannique de l’Atlantique sud. Cette dernière, à son tour symptomatique, est évacuée vers Johannesburg le lendemain et y décède le 26 avril. Son infection à l’hantavirus est confirmée en laboratoire le 4 mai.
Un troisième décès, celui d’une ressortissante allemande, survient le 2 mai à bord du navire. Au 7 mai 2026, cinq cas sont confirmés et huit autres restent suspects. Trois cas supplémentaires ont été évacués vers les Pays-Bas le 6 mai. Le bâtiment, qui avait fait escale au Cap-Vert, fait désormais route vers Tenerife, dans les îles Canaries, où son arrivée est attendue dans les prochains jours.
La souche des Andes : un hantavirus pas comme les autres
Parmi les 38 souches d’hantavirus répertoriées dans le monde, la souche des Andes occupe une place singulière : c’est la seule connue pour être transmissible d’un être humain à un autre. Tous les autres hantavirus ne se contractent qu’au contact de rongeurs infectés — généralement par inhalation de leurs excréments ou de leur urine.

La transmission interhumaine requiert un contact étroit et direct. L’OMS cite notamment l’échange de salive — par exemple un baiser entre conjoints — comme vecteur probable, ce qui pourrait expliquer que l’épouse du premier patient soit à son tour décédée de la maladie.
« Il n’y a pas pour ce virus de preuves qu’on puisse transmettre la maladie à quelqu’un avant d’avoir des symptômes », a précisé Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS. La période la plus risquée correspond à la première semaine de la maladie, caractérisée par de la fièvre et un malaise généralisé.
L’incubation dure entre une et six semaines, le plus souvent deux à trois semaines. Ce délai a permis à l’OMS de confirmer que le premier patient avait été contaminé avant l’embarquement : ses symptômes sont apparus cinq jours seulement après le départ d’Ushuaïa, ce qui exclut toute infection à bord du navire ou lors d’une escale.
L’Argentine, berceau endémique au cœur de l’enquête
Avant de monter à bord du MV Hondius, le couple néerlandais avait voyagé en Amérique du Sud, notamment en Argentine. C’est là, selon l’OMS, que le premier patient a très certainement été exposé au virus, au contact d’un rongeur infecté — réservoir naturel de la souche des Andes dans cette région du globe.

La situation épidémiologique en Argentine témoigne d’une circulation active du virus : depuis le 1er janvier 2026, 42 nouveaux cas d’hantavirus ont été signalés dans le pays, selon les données du ministère argentin de la Santé.
Le ministère signale par ailleurs un cluster familial dans la région de Chubut, en Patagonie, avec une suspicion de transmission interhumaine. Ce foyer rappelle celui de 1996, lorsque la contagion entre humains avait été documentée pour la première fois dans le sud du pays — un épisode qui avait déclenché les premières investigations scientifiques sérieuses sur la particularité de cette souche.
Qu’est-ce que l’hantavirus ?
L’hantavirus désigne une famille de virus portés par des rongeurs sauvages, présents sur tous les continents. Il en existe 38 souches connues, qui se transmettent le plus souvent à l’humain par contact avec les excréments, l’urine ou la salive d’animaux infectés. La quasi-totalité de ces souches ne circulent pas entre humains — la souche des Andes, endémique en Amérique du Sud, fait exception depuis la découverte de sa transmission interhumaine en 1996 dans le sud de l’Argentine.
« Pas un nouveau Covid » : l’OMS rassure face à l’inquiétude mondiale
Alors que la crise du MV Hondius a suscité une attention médiatique internationale, le directeur général de l’OMS a tenu à recadrer le débat : « Je ne pense pas que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19. Pour l’instant, le risque pour le reste du monde est faible. »

L’organisation a néanmoins dépêché deux représentants à bord dès le 6 mai afin d’évaluer la situation sanitaire et d’informer les passagers confinés. Des discussions sont en cours avec les autorités nationales et médicales pour définir le protocole d’évacuation à mettre en œuvre dès l’accostage à Tenerife.
L’arrivée du navire aux îles Canaries n’a pas été sans heurts : les autorités régionales espagnoles avaient dans un premier temps manifesté des réticences à l’accueillir, avant de confirmer son accostage. Les passagers devraient débarquer via de petites embarcations afin de limiter tout contact direct avec le territoire de l’île.
La question du retour des dépouilles reste entière. Les corps des trois victimes demeurent dispersés : le premier patient et son épouse à Sainte-Hélène et à Johannesburg, tandis que la ressortissante allemande repose dans une chambre froide à bord du navire, dans l’attente d’une solution logistique.
L’épidémie d’hantavirus à bord du MV Hondius demeure un événement exceptionnel par son cadre — un navire en haute mer, des passagers de 23 nationalités, une souche virale rare dotée d’une capacité de contagion interhumaine. Mais les experts de l’OMS soulignent une différence fondamentale avec un virus à potentiel pandémique : la souche des Andes ne se propage qu’au terme d’un contact étroit et direct, et seulement après l’apparition des symptômes. La priorité immédiate reste la prise en charge sécurisée des passagers lors de l’accostage à Tenerife et l’identification exhaustive des cas contacts. À plus long terme, des travaux de recherche sur un vaccin sont en cours — des essais cliniques pourraient voir le jour dans les trois à cinq prochaines années. Un calendrier qui rappelle l’importance d’anticiper ces menaces émergentes, sans céder à la précipitation.










