Deux jours après la disparition de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance, deux témoins disent avoir aperçu une fillette seule sur la D45, à Castelsarrasin. Ce signalement, transmis avec retard, est étudié par les enquêteurs mais n’a pas été corroboré à ce stade.
En bref
- —Lyhanna a disparu le 29 mai.
- —Deux témoins évoquent la D45.
- —La piste reste non corroborée.
Une disparition signalée à Fleurance
Lyhanna, 11 ans, a disparu le vendredi 29 mai 2026 à Fleurance, dans le Gers. Selon les éléments rapportés, elle a quitté le collège Hubert-Reeves vers 15 heures et n’est pas rentrée chez elle.

L’affaire a rapidement pris une dimension judiciaire lourde. Une enquête pour « enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans » a été ouverte, et un homme de 41 ans a été mis en examen puis écroué.
Sur le terrain, les recherches restent importantes. Entre 170 et 180 gendarmes ont été mobilisés autour de Fleurance, où les enquêteurs concentrent l’essentiel de leurs moyens.
Le signalement de Castelsarrasin
Le lundi 1er juin, vers 17 heures, un habitant de Labastide-du-Temple affirme avoir aperçu une jeune fille seule sur la route départementale D45, route de Lafrançaise, près du Centre d’instruction élémentaire de conduite militaire à Castelsarrasin.

D’après le récit rapporté, la fillette marchait au bord de la chaussée en direction du centre-ville. Sa silhouette et sa corpulence auraient rappelé Lyhanna au témoin.
Une seconde personne du secteur aurait également vu une jeune fille sur cette même route. Les deux témoins ne sont toutefois pas allés à son contact et l’alerte n’a été donnée qu’aux alentours de 19 heures.
Une piste fragile pour les enquêteurs
Le parquet de Montauban a demandé des vérifications après ce signalement. Les témoins ont été entendus, et les enquêteurs ont cherché d’éventuelles images de vidéosurveillance dans le secteur.

Ces vérifications se heurtent à plusieurs difficultés. Le secteur concerné ne serait pas couvert par la vidéoprotection, et des divergences sont apparues sur l’âge ou la tenue de la jeune fille aperçue.
Contactée par La Dépêche, la vice-procureure de Montauban, Alice Gardair, a appelé à la prudence : « ces signalements n’ont pu être corroborés ». Elle a aussi souligné que le délai entre l’observation et l’alerte avait compliqué les recherches.
À ce stade, aucun élément ne permet donc d’affirmer que la jeune fille vue sur la D45 était Lyhanna. La personne signalée n’a pas été retrouvée.
Pourquoi la prudence s’impose
Un signalement tardif, sans contact direct avec la personne observée et sans image de vidéosurveillance, reste difficile à vérifier. Les enquêteurs peuvent l’intégrer au dossier, mais la justice ne peut pas le traiter comme une certitude sans élément matériel ou recoupement solide.
Le dossier transmis au pôle criminel d’Agen
Les éléments recueillis à Castelsarrasin ont été transmis au parquet d’Agen, dont le pôle criminel centralise désormais l’enquête principale. Cette piste est donc intégrée au dossier, sans être présentée comme confirmée.

Dans ce type d’affaire, chaque signalement peut être examiné, même lorsqu’il paraît fragile. C’est une exigence de méthode autant qu’un impératif de sécurité, car les premières heures et les informations précises peuvent orienter les recherches.
Les forces de l’ordre rappellent la conduite à tenir lorsqu’une personne pense reconnaître un enfant recherché : appeler immédiatement le 17 ou la brigade locale, donner le lieu, l’heure, la direction prise et une description, sans intervenir soi-même.
Le signalement de Castelsarrasin nourrit une piste, mais pas une certitude. L’enquête sur la disparition de Lyhanna se poursuit sous l’autorité du pôle criminel d’Agen, avec une ligne claire : vérifier chaque information, sans confondre espoir et élément établi.


