
Dans l’assiette, le blanc nacré emprisonne un jaune encore liquide qui ne demande qu’à couler. La crème de morilles, d’un brun doré profond, enveloppe l’ensemble avec une texture qui accroche légèrement la cuillère. On sent les champignons avant même d’avoir plongé dedans — cette odeur terreuse et boisée qui a imprégné toute la cuisine pendant le mijotage. Un plat qui se mange lentement, parce qu’il mérite qu’on s’y attarde.
Pourquoi vous allez adorer cette recette
Les ingrédients en détail

Morilles séchées, œufs frais, crème fraîche et quelques aromates : voilà tout ce qu’il faut.
- Morilles séchées (50 g) : Les vraies vedettes du plat. À sec, elles sont concentrées en arômes — la réhydratation libère ce parfum boisé caractéristique qu’aucun champignon frais du commerce ne peut égaler. Préférez des morilles entières plutôt que des brisures : elles tiennent mieux à la cuisson et la présentation en est plus nette. Plantin ou une épicerie fine sont de bonnes sources ; évitez les sachets de supermarché qui sentent le carton.
- Crème fraîche liquide entière (25 cl) : Son rôle est double : elle lie la sauce et l’adoucit. La crème entière résiste au mijotage sans trancher, ce qu’une version allégée ne ferait pas. Avec 50 g de morilles et quatre œufs, ce n’est pas le moment de faire des économies de matière grasse.
- Bouillon de volaille (10 cl) : Il apporte la structure salée et ronde que la crème seule ne donnerait pas, et crée la base de réduction qui concentre les arômes. Un cube dissous dans de l’eau chaude fonctionne très bien ; inutile de préparer un fond de veau. Pour une version végétarienne, un bouillon de légumes légèrement corsé convient parfaitement.
- Échalote : Plus fine que l’oignon, elle fond dans le beurre sans dominer et laisse les morilles s’exprimer. Son rôle est d’apporter une base aromatique douce en fond de sauce. Coupez-la très finement — si elle reste en gros morceaux, elle sera encore légèrement croquante quand la crème sera prête, ce qui brise la texture veloutée recherchée.
- Œufs extra frais : La fraîcheur détermine directement la qualité du pochage. Un blanc serré s’enroule naturellement autour du jaune ; un blanc vieux s’étale et part en filaments dans l’eau. Le test du verre d’eau est fiable : un œuf frais coule à plat au fond, un œuf douteux penche ou remonte vers la surface.
- Vinaigre blanc (2 c. à soupe) : Il accélère la coagulation du blanc au contact de l’eau chaude, en resserrant les protéines plus vite. Ce n’est pas pour le goût — en deux minutes de cuisson, la quantité utilisée ne parfume pas le blanc. Si vous n’en avez pas, le pochage reste possible, mais exige une eau parfaitement tenue à frémissement et des œufs vraiment très frais.
Commencez par réveiller les morilles
Plongez les morilles séchées dans un bol d’eau tiède — pas bouillante, autour de 40°C — et laissez-les tranquilles pendant 30 à 45 minutes. Le week-end, c’est l’étape parfaite à lancer avec votre premier café. Pendant le trempage, les champignons vont gonfler, retrouver leur forme alvéolée et libérer leurs arômes : l’eau va progressivement virer à un brun ambré qui sent le sous-bois humide après la pluie. Une fois égouttées, ne jetez pas ce liquide. Filtrez-le à travers un linge fin ou un filtre à café pour éliminer le sable et les impuretés déposées au fond, puis réservez-en deux ou trois cuillères à soupe : ajouté en fin de cuisson, il intensifie la sauce d’une façon qu’aucun bouillon tout fait ne peut reproduire.
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