
Les infractions visées sont sérieuses : fraude aggravée, blessures involontaires et homicides involontaires. L’avocat reproche au laboratoire de ne pas avoir suffisamment informé les patients et les prescripteurs sur les risques réels associés au traitement. Une trentaine de patients se sont déjà manifestés pour rejoindre la procédure.
De son côté, Novo Nordisk assure que « la sécurité des patients est une priorité » et indique suivre attentivement tous les signalements d’effets indésirables. Le laboratoire maintient que le profil bénéfice-risque de la sémaglutide — la molécule active de l’Ozempic — demeure inchangé.
Ce que sont les médicaments aGLP-1
Les aGLP-1 (agonistes du récepteur du GLP-1) imitent l’action d’une hormone naturelle qui régule la satiété, entraînant une réduction de l’appétit et une perte de poids. Commercialisés en France à partir de 2019, ils sont devenus en quelques années l’une des classes médicamenteuses les plus prescrites et les plus médiatisées dans le monde. L’Ozempic (sémaglutide, Novo Nordisk) en est la figure la plus connue, aux côtés du Wegovy, son équivalent à dosage plus élevé, indiqué spécifiquement contre l’obésité.
Des effets secondaires aux conséquences parfois irréversibles
Les témoignages recueillis par Me Debuisson dressent un tableau préoccupant. « Les cas les moins graves présentent des douleurs abdominales, des vomissements, voire une gastroparésie », décrit l’avocat — une paralysie de l’estomac qui entraîne un retard de sa vidange. D’autres patients souffrent d’insuffisance rénale ou de pancréatite, des complications nettement plus sévères.

Le cas le plus grave recensé est celui d’une patiente victime d’un AVC ayant entraîné une perte définitive de la vue. Pour Me Debuisson, ces cas illustrent une sous-information grave de la part du fabricant quant aux risques réels associés au médicament.
Les chiffres officiels confirment l’ampleur du phénomène. Depuis la commercialisation en France en 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recensé 1 600 cas graves liés aux traitements de la famille des aGLP-1, dont 65 décès — parmi les 870 000 personnes actuellement traitées par ces médicaments sur le territoire.
Un médicament trop souvent prescrit hors de son indication
L’Ozempic a été conçu pour traiter le diabète de type 2 et, sous sa forme Wegovy, certaines formes d’obésité médicale sévère. Mais son efficacité reconnue pour réduire l’appétit et induire une perte de poids rapide a conduit à un usage bien plus large, souvent étranger à toute indication médicale sérieuse.

Me Debuisson dénonce ouvertement cette dérive : « Il faut que les médecins arrêtent de prescrire ces médicaments à des patients qui présentent seulement un léger surpoids. On l’utilise comme un complément alimentaire à visée esthétique. Or, il ne faut surtout pas oublier que c’est un médicament ! »
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