Une nouvelle voix s’est élevée ce samedi 6 juin 2026 dans l’affaire Patrick Bruel. Sabine Langaret, ancienne éclairagiste au Bataclan, décrit au micro de BFMTV une scène qui se serait produite en 1992 dans les coulisses de la salle parisienne. Son témoignage vient s’ajouter à plusieurs autres récits et plaintes pour agressions sexuelles et viols visant l’artiste de 67 ans, qui réfute l’ensemble des accusations portées contre lui.
En bref
- —Une ex-éclairagiste du Bataclan témoigne de faits remontant à 1992
- —Patrick Bruel nie catégoriquement toutes les accusations
- —Plusieurs femmes du milieu culturel auraient été mises en garde
Un récit précis, trente-quatre ans après les faits
En 1992, Sabine Langaret a 22 ans et travaille comme éclairagiste au Bataclan, la célèbre salle de spectacle parisienne. C’est en marge du tournage d’une émission de télévision que se déroulerait la scène qu’elle décrit aujourd’hui.

Son récit, livré au micro de BFMTV, est précis et détaillé. « On est dans un coin sombre derrière un rideau de scène et il me colle au mur, il se serre contre moi et m’embrasse comme un fou dans le cou », affirme-t-elle. Elle dit avoir immédiatement repoussé le chanteur : « Quand il se serre, je sens son érection contre son corps et je le repousse. »
Malgré les décennies écoulées, la mémoire de cet épisode est restée intacte. Longtemps, Sabine Langaret a gardé cette histoire dans sa sphère privée, la confiant uniquement à ses proches. C’est en découvrant d’autres témoignages visant Patrick Bruel qu’elle a finalement décidé de prendre la parole publiquement.
« Je n’étais qu’un objet » : les mots qui ont tout changé
Au-delà du geste lui-même, c’est la réaction du chanteur qui a profondément marqué Sabine Langaret. Selon elle, Patrick Bruel aurait d’abord tenté de minimiser son comportement : « Je ne sais pas, j’ai vu ton cou, il était joli, j’ai eu envie de l’embrasser. Cela ne t’est jamais arrivé de vouloir embrasser un cou ? »

Mais c’est une dernière phrase, prononcée au moment de quitter les lieux, qui reste gravée dans sa mémoire. Après s’être éloigné, le chanteur serait revenu vers elle : « Il m’a dit : ‘Au revoir joli cou, beau cou, bon coup.’ » Un jeu de mots qu’elle interprète comme une réduction de sa personne à un objet de désir.
« Je n’étais qu’un objet. Je n’étais qu’un outil pour son plaisir », confie-t-elle, la voix encore chargée d’émotion. C’est l’accumulation des témoignages d’autres femmes, rendus publics ces derniers mois, qui l’a finalement convaincue de témoigner à son tour. « Ils m’ont dit d’aller témoigner », explique-t-elle, en référence à ses proches.
Une affaire qui s’inscrit dans la durée
Depuis plusieurs mois, Patrick Bruel est visé par plusieurs plaintes et témoignages publics pour agressions sexuelles et viols, qu’il conteste intégralement. L’affaire a pris une dimension médiatique importante après la publication d’enquêtes par plusieurs médias nationaux, dont France Info. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole dans le milieu du spectacle, accéléré depuis l’émergence du mouvement #MeToo.
Un milieu culturel où des mises en garde circulaient
Le témoignage de Sabine Langaret intervient dans un contexte déjà chargé. Une enquête publiée par France Info a mis en lumière d’autres récits concernant Patrick Bruel, recueillis par la journaliste Juliette Campion, invitée sur le plateau de C à vous.

Selon cette journaliste, plusieurs femmes du milieu culturel lui ont confié avoir été averties avant même de travailler avec le chanteur. « En permanence, on disait aux femmes et en particulier aux jeunes femmes : ‘Attention, ne vous retrouvez pas seules avec Patrick Bruel‘ », a-t-elle rapporté.
Une salariée d’un festival en Occitanie a également affirmé avoir reçu pour consigne de ne jamais laisser une bénévole seule dans la loge de l’artiste. Ces témoignages dessinent le portrait d’alertes informelles qui auraient circulé dans le secteur du spectacle, sans jamais déboucher, à l’époque, sur une procédure formelle.
Patrick Bruel face à une série d’accusations : où en est l’affaire ?
Depuis plusieurs mois, le nom de Patrick Bruel revient régulièrement dans l’actualité judiciaire et médiatique. L’artiste est visé par plusieurs témoignages et plaintes pour agressions sexuelles et viols. Il réfute catégoriquement l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

Conformément aux principes fondamentaux du droit, Patrick Bruel bénéficie de la présomption d’innocence. Aucune condamnation n’a été prononcée à ce stade. L’affaire reste donc dans le champ de l’enquête et du débat public, sans que la justice ait rendu son verdict.
Le témoignage de Sabine Langaret, qui ne fait pas état d’une plainte déposée à ce jour, s’inscrit néanmoins dans une dynamique de libération de la parole qui touche de nombreux secteurs, et en particulier le monde du spectacle et de la culture.
Le témoignage de Sabine Langaret ajoute une nouvelle pièce à un dossier médiatique et judiciaire qui ne cesse de s’étoffer autour de Patrick Bruel. Si les faits qu’elle décrit remontent à 1992, leur mise en lumière aujourd’hui illustre la durée du traumatisme que peuvent laisser de tels épisodes, ainsi que la difficulté, pour de nombreuses femmes, de prendre la parole des années après les faits. Patrick Bruel, qui bénéficie de la présomption d’innocence, continue de nier l’ensemble des accusations. L’issue judiciaire de cette affaire reste à ce stade indéterminée.


