
Les résultats sont nets : chez les adultes ayant connu un père intermittent, les scores de névrosisme et d’agressivité sont significativement plus élevés. Le névrosisme désigne une tendance aux émotions négatives, à l’anxiété et à l’instabilité émotionnelle — rumination, dramatisation, difficulté à encaisser les contrariétés.
L’agressivité, elle, se manifeste par des colères rapides, des réactions disproportionnées et une irritabilité de fond. Les chercheurs précisent toutefois que l’intensité de ces effets varie selon la durée et la fréquence des absences, ainsi que selon l’âge auquel l’enfant a vécu cet éloignement.
Des témoignages qui confirment : rejet, méfiance et estime de soi fragilisée
Une étude qualitative publiée sur PubMed a recueilli les récits de vingt et un hommes âgés de 24 à 70 ans, tous ayant grandi sans père. Leurs témoignages convergent : épisodes de tristesse et de dépression, difficultés à faire confiance aux autres — et en particulier aux autres hommes — et un sentiment persistant de rejet.

Le titre de cette étude, Des trous dans ma mémoire, résume bien ce manque diffus mais omniprésent que ces hommes portent à l’âge adulte. Leur estime de soi en a durablement souffert, avec des répercussions sur leurs relations professionnelles et personnelles.
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