
Sur le papier, ce système doit permettre un contrôle plus rapide et plus efficace que des contrôles manuels. Dans les faits, il rencontrerait des difficultés dans certaines situations pourtant très courantes sur la route.
Contrairement aux radars automatiques classiques, qui déclenchent une sanction à partir d’une mesure technique, ces dispositifs relèvent de la vidéoverbalisation assistée par ordinateur. En théorie, chaque infraction détectée par la machine doit être examinée, puis validée par un agent assermenté avant d’être retenue.
Les bébés, angle mort du système de détection
Le principal problème identifié concerne les enfants en bas âge. D’après plusieurs signalements, l’intelligence artificielle éprouve des difficultés à détecter un bébé installé dans un siège auto ou un cosy, notamment lorsque sa silhouette est peu visible depuis l’extérieur du véhicule.

L’enfant n’étant pas comptabilisé comme passager, des parents circulant légalement sur une voie réservée au covoiturage reçoivent une amende forfaitaire de 135 euros. La règle est pourtant sans ambiguïté : un enfant, quel que soit son âge, compte comme un passager à bord du véhicule.
Ce type d’erreur est d’autant plus problématique que la validation humaine, censée constituer un filet de sécurité, ne semble pas toujours jouer son rôle. Des dossiers contestables auraient ainsi franchi toutes les étapes du processus avant d’aboutir à l’envoi d’une amende.
Une chaîne de contrôle remise en cause de bout en bout
Pour Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes, la responsabilité ne peut pas être imputée à la seule machine. Il souligne que si l’intelligence artificielle ne parvient pas à distinguer clairement l’intérieur d’un habitacle, l’agent chargé de valider l’infraction se trouve face au même obstacle. « Si la machine n’arrive pas à bien voir l’intérieur d’une voiture, on se dit naturellement que l’agent non plus, et qu’il laisse donc le bénéfice du doute à l’automobiliste. Mais preuve en est que ce n’est pas le cas : des automobilistes sont verbalisés à tort », déclare-t-il.
Articles suggérés
45 milliards collectés: la colère du lundi travaillé
En France, la canicule de juin 2026 a relancé une polémique sur la journée de solidarité, créée après l’été meurtrier de 2003. Selon Marie…

