
Au total, 873 cas ont été déclarés, dont 128 importés. Ce chiffre représente une hausse de 80 % par rapport à l’année précédente. Plus de 300 hospitalisations ont été recensées, rappelant que la rougeole peut entraîner des complications graves.
Sept décès ont également été rapportés : quatre adultes et trois enfants. Ces chiffres illustrent que la rougeole n’est pas une maladie bénigne, en particulier pour les personnes fragiles ou insuffisamment protégées. Le virus, extrêmement contagieux, profite des failles dans la couverture vaccinale pour se propager.
Le collège, futur lieu de rattrapage vaccinal ?
Pour enrayer cette progression, une piste concrète est désormais sur la table : proposer le vaccin ROR — contre la rougeole, les oreillons et la rubéole — directement dans les collèges. L’idée consiste à intégrer cette vaccination aux campagnes déjà organisées en milieu scolaire contre le papillomavirus et les méningocoques.

Le cadre logistique existe déjà, des équipes médicales intervenant régulièrement dans les établissements sur le temps scolaire. Deux vaccins sont actuellement autorisés en France : le Priorix® et le M-M-RVaxpro®.
Santé publique France justifie cette approche par la nécessité de cibler les adolescents ayant échappé à une vaccination complète. « Le bilan épidémiologique 2025 incite à renforcer les efforts de rattrapage vaccinal contre le ROR en ciblant particulièrement les adolescents et jeunes adultes », indique l’autorité sanitaire. La mesure n’est pas encore actée, mais elle s’inscrit dans une stratégie de rattrapage clairement assumée.
La rougeole, une maladie que l’on croyait maîtrisée
La rougeole est une maladie virale très contagieuse, longtemps considérée comme quasi-éradiquée en France grâce à la vaccination. Depuis 2018, le vaccin ROR est obligatoire pour les enfants nés après cette date. Mais une partie des générations précédentes n’a pas bénéficié d’une couverture complète, créant des failles dans l’immunité collective qui permettent au virus de circuler à nouveau.
Des adolescents particulièrement exposés au risque
Les données épidémiologiques pointent clairement vers une tranche d’âge : l’âge médian des cas recensés est de 16 ans. La rougeole ne touche donc pas seulement les jeunes enfants, contrairement à une idée reçue.

Plus de 60 % des personnes contaminées n’étaient pas vaccinées ou ne l’étaient que partiellement. Beaucoup sont nées avant l’obligation vaccinale entrée en vigueur en 2018 et n’ont parfois reçu qu’une seule dose, voire aucune, au cours de leur parcours médical.
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