
La sauce a cette teinte orangée rosée qu’on obtient uniquement avec des tomates fraîches cuites longtemps avec l’oignon. Les œufs durs, coupés en deux, flottent dans ce fond liquide avec une allure satisfaite. Les feuilles de pechay ont fondu juste ce qu’il faut — elles restent d’un vert presque jade, un peu translucides aux bords. Tu soulèves la cuillère et des fils d’œuf battu figés dans la sauce forment une dentelle irrégulière. Ça sent l’ail revenu, la sauce poisson en fond de gorge, et quelque chose de frais qui vient du chou.
Pourquoi vous allez adorer cette recette
Les ingrédients en détail

Tout ce qu’il faut pour ce plat philippin : des œufs, du chou pechay frais, des tomates mûres et une touche de sauce poisson.
- Pechay (bok choy) : Le pechay est la version philippine du bok choy, avec des tiges blanches fermes et de larges feuilles vert foncé. En épicerie asiatique, le bok choy classique est exactement pareil. Prends-en avec des feuilles bien serrées, pas jaunies, et des tiges fermes qui craquent quand tu les plies. Si tu ne trouves vraiment rien, des épinards frais font l’affaire — mais ils cuisent encore plus vite, trente secondes suffisent.
- Les œufs — les deux sortes : La recette utilise douze œufs durs pour le corps du plat, et trois œufs battus versés en filet dans la sauce chaude. C’est l’œuf battu qui crée les petits fils soyeux dans la sauce — ne verse pas tout d’un coup ou tu obtiens une grosse omelette brouillée. Verse lentement, en cercle, et laisse prendre quelques secondes avant de mélanger.
- Tomates mûres : Des tomates vraiment mûres. Pas les tomates dures de supermarché qui rendent une eau fade et sans goût — des Roma ou des olivettes laissées à température ambiante. Au toucher, elles doivent céder légèrement sous les doigts. Elles s’écrasent presque seules sous la cuillère après cinq minutes de cuisson, et c’est ça qui fait la sauce.
- Sauce poisson (patis) : C’est le sel liquide de cette recette, avec une profondeur umami que le sel ordinaire ne donne pas. La patis philippine est un peu plus douce que la version thaïe, mais Tiparos ou Tra Chang marchent très bien. Une cuillère à soupe, pas plus — l’idée c’est de saler en finesse, pas de parfumer au poisson.
La base tomate : là où tout se joue
Commence par faire suer l’oignon dans un fond d’huile — il doit devenir translucide, presque vitreux, avant d’ajouter l’ail. L’ail dore en moins d’une minute, il devient parfumé et légèrement doré comme un caramel clair. C’est là que tu ajoutes les tomates. Ne les presse pas, laisse-les cuire tranquillement à feu moyen en remuant de temps en temps. En cinq à sept minutes, elles s’effondrent sur elles-mêmes, perdent leur forme et leur jus se mêle à l’huile pour former le début de quelque chose. Ajoute la sauce poisson et un peu de poivre noir, puis verse l’eau. Tu obtiendras une sauce légère, pas épaisse — c’est voulu. Ce n’est pas un ragù, c’est un bouillon parfumé.
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