
Les écarts entre catégories socioprofessionnelles restent néanmoins marqués. Les ouvriers sont 38 % à avoir franchi le pas, soit deux fois plus que les cadres et professions libérales, qui ne sont que 19 % dans ce cas. Un chiffre qui suggère que le tatouage reste associé, dans les représentations, à certains milieux plutôt qu’à d’autres.
Certains secteurs demeurent explicitement restrictifs: l’armée, la police et plusieurs métiers en contact direct avec le public appliquent des règles strictes concernant les tatouages visibles. Pour les candidats les plus marqués, ces barrières formelles ou informelles peuvent fermer un nombre considérable de portes, comme en témoigne le parcours de Melissa Sloan.
Le témoignage de Melissa Sloan intervient alors qu’aucun cadre légal spécifique ne protège explicitement les personnes tatouées contre la discrimination à l’embauche au Royaume-Uni ou en France. La question de savoir si l’apparence corporelle choisie peut constituer un motif de refus légalement contestable reste entière dans les deux pays. Du côté de Melissa, l’accumulation des refus se poursuit: son partenaire Luke continue de la tatouer chaque semaine, sans que la perspective d’un emploi ne se dessine à l’horizon.
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