14 mai 2026
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Hantavirus : décret, 42 jours de quarantaine et aucun confinement

Une passagère française rapatriée du navire de croisière MV Hondius a été testée positive à l’hantavirus Andes, l’unique souche de cette famille virale à transmission interhumaine documentée. Face à ce foyer inédit, le gouvernement a publié le 11 mai 2026 un décret encadrant strictement la quarantaine d’une liste précise de personnes exposées. Pendant ce temps, des rumeurs de confinement général se répandent sur les réseaux sociaux — une hypothèse que les experts médicaux balaient unanimement.

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En bref

  • 11 cas mondiaux au 12 mai, dont 3 décès confirmés.
  • Le décret français cible uniquement les passagers du MV Hondius et leurs contacts.
  • Les experts excluent tout risque de confinement généralisé.

Le MV Hondius, foyer d’un virus rare au cœur de l’Atlantique Sud

Le 3 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé est alertée de cas suspects à bord du MV Hondius, navire de croisière néerlandais qui naviguait entre Ushuaia, en Argentine, et le Cap-Vert, avec 147 passagers et membres d’équipage. L’alerte déclenche une chaîne de réponses sanitaires internationales en quelques jours.

Le MV Hondius, foyer d'un virus rare au cœur de l'Atlantique Sud
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le 6 mai, le séquençage viral réalisé par les autorités sud-africaines identifie formellement la souche Andes du hantavirus. Le 10 mai, les évacuations débutent dans le port de Tenerife, aux îles Canaries : 116 personnes représentant 23 nationalités débarquent en 48 heures selon les autorités espagnoles.

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Au 12 mai, le bilan mondial s’établit à 11 cas — 7 confirmés, 1 suspect et 3 décès. Parmi les passagers français rapatriés le dimanche, une femme a été testée positive ; son état s’est « dégradé », selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Quatre autres ressortissants français restent hospitalisés pour « une durée minimale de 15 jours ».

Qu’est-ce que l’hantavirus ?

L’hantavirus est une famille de virus hébergée par des rongeurs sauvages présents sur tous les continents. On en dénombre 38 souches connues, chacune généralement associée à une espèce animale spécifique. L’être humain se contamine presque toujours par inhalation d’aérosols issus des déjections ou de l’urine de rongeurs infectés. Les cas de transmission directe entre humains restent exceptionnels et ne concernent, à ce jour, que la souche Andes, qui circule principalement en Amérique du Sud.

Le virus Andes : l’unique hantavirus à transmission interhumaine documentée

Parmi les 38 souches d’hantavirus connues à ce jour, le virus Andes occupe une place singulière dans la littérature scientifique : c’est le seul pour lequel une transmission directe de personne à personne a été formellement documentée, notamment entre patients proches ou avec des soignants non protégés.

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Le virus Andes : l'unique hantavirus à transmission interhumaine documentée
Image d’illustration © TOPTENPLAY

En dehors de ce cas particulier, les hantavirus se contractent quasi exclusivement par inhalation d’aérosols contaminés issus des déjections de rongeurs sauvages infectés. Chaque souche est généralement associée à une espèce animale spécifique, et la contamination humaine reste rare.

Le virus Andes provoque un syndrome cardiopulmonaire dont le taux de mortalité peut atteindre 30 à 60 %. Les premiers symptômes ressemblent à un état grippal — fièvre, céphalées, douleurs musculaires — avant de dégénérer en détresse respiratoire aiguë et en état de choc. Aucun vaccin ni aucun traitement antiviral n’est approuvé à ce jour ; la prise en charge reste symptomatique, et le plasma de patients guéris montre des résultats encourageants selon l’Institut Pasteur, sans être encore validé cliniquement.

30 à 60 %
C’est la fourchette de mortalité du syndrome cardiopulmonaire causé par le virus Andes — un taux sans commune mesure avec celui du Covid-19, mais qui justifie la prise en charge immédiate des cas identifiés.

Le décret du 11 mai : qui est réellement concerné par la quarantaine ?

Signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu et publié au Journal officiel le lundi 11 mai, le décret n°2026-364 établit un cadre sanitaire précis pour éviter toute diffusion du virus au-delà des personnes déjà identifiées comme exposées. Il ne s’adresse pas à la population générale.

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Le décret du 11 mai : qui est réellement concerné par la quarantaine ?
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le texte, composé de sept articles, cible en premier lieu les passagers ayant séjourné à bord du MV Hondius entre le 1er avril et le 10 mai. Ces personnes sont placées en quarantaine dans un établissement de santé le temps d’une évaluation médicale et épidémiologique. Selon l’issue de cette évaluation, elles peuvent être maintenues en quarantaine ou placées à l’isolement pour une durée totale de 42 jours.

En France, 22 personnes entrent spécifiquement dans le périmètre du décret : il s’agit de passagers ayant emprunté les vols du 25 avril sur les liaisons Sainte-Hélène → Johannesburg et Johannesburg → Amsterdam. Elles doivent se signaler aux autorités sanitaires « sans délai » et respecter une quarantaine à domicile dans l’attente d’une évaluation médicale, qui doit intervenir sous trois jours.

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