
Huit d’entre eux voyageaient sur le vol Sainte-Hélène–Johannesburg. Testés négatifs, ils ont été rapidement placés à l’isolement. Les quatorze autres se trouvaient à bord du vol Johannesburg–Amsterdam du même jour, sur lequel la défunte avait embarqué avant d’en être débarquée pour raisons médicales. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, leur a demandé de se déclarer « au plus vite » auprès des autorités sanitaires françaises.
L’OMS recommande une surveillance active de 42 jours pour les contacts classés à haut risque. Cette gestion à travers plusieurs pays et plusieurs liaisons aériennes illustre la difficulté inhérente au traçage de contacts dans un contexte de voyage international : les chaînes d’exposition potentielle traversent plusieurs continents en quelques heures.
L’hantavirus, qu’est-ce que c’est ?
Les hantavirus sont des virus transmis principalement par les rongeurs infectés, via l’inhalation de poussières contaminées par leurs excréments ou leurs urines — on en recense 38 souches connues. La grande majorité ne se transmettent pas d’humain à humain. L’exception est le virus des Andes, endémique d’Amérique du Sud, dont la transmission interhumaine, bien que documentée, reste marginale et circonscrite aux contacts étroits et prolongés. Aucun vaccin ni traitement antiviral validé n’existe à ce jour contre cette infection.
Virus des Andes : l’unique hantavirus à transmission interhumaine
Le virus des Andes se distingue parmi les 38 souches d’hantavirus connues par une caractéristique unique : c’est la seule capable de se transmettre d’humain à humain. Les autres souches ne se propagent qu’au contact de rongeurs infectés — via l’inhalation de poussières contaminées par leurs excréments ou leurs urines.

Cette transmission interhumaine reste toutefois marginale. Elle survient généralement dans des situations de contact étroit et prolongé : cohabitation, partenaires intimes, professionnels de santé exposés sans protection. Le porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier, a insisté sur ce point, rappelant que « des passagers partageant la même cabine n’ont pas tous été infectés » et que « ce n’est pas un nouveau Covid ». L’organisation maintient que le risque de propagation à la population générale est « absolument faible ».
Sur le plan médical, la situation reste préoccupante : la forme cardiopulmonaire provoquée par le virus des Andes affiche un taux de mortalité de 30 à 60 % en l’absence de traitement adapté. Or, à ce jour, il n’existe ni vaccin validé ni antiviral approuvé pour soigner cette infection. La période d’incubation, comprise entre une et six semaines, complique par ailleurs la détection précoce des cas parmi les personnes exposées.
Le premier cas d’hantavirus confirmé sur le territoire français place les autorités sanitaires dans une position inédite : gérer une infection rare, potentiellement grave, pour laquelle la médecine ne dispose d’aucun traitement curatif validé. Si l’OMS rassure sur l’absence de risque d’épidémie dans la population générale, la vigilance s’impose pour les vingt-deux cas contacts encore en cours de suivi, et pour les ressortissants d’autres nationalités rapatriés dans une dizaine de pays. L’état de la patiente hospitalisée à Paris — et la divergence entre les déclarations du gouvernement français et celles de l’organisation internationale — concentreront l’attention dans les prochains jours.

