La convention collective des gardiens, concierges et employés d’immeubles distingue les salariés de catégorie A, soumis à un cadre horaire, et ceux de catégorie B, dont le logement de fonction est obligatoire. Cette loge est un accessoire du contrat de travail, et non un logement loué au moyen d’un bail d’habitation indépendant.
Pour une mise à la retraite d’un salarié de catégorie B, le texte prévoit un préavis de six mois et la libération de la loge à son terme. Entre 65 et 69 ans, l’employeur doit obtenir l’accord du salarié pour engager cette mise à la retraite. À partir de 70 ans, une mise à la retraite d’office devient possible dans les conditions prévues par le droit du travail.
Pourquoi la retraite entraîne la perte de la loge
Le logement de fonction est rattaché à l’emploi de gardien et ne relève pas d’un bail d’habitation autonome. La fin du contrat impose donc sa restitution, sauf accord particulier permettant une autre occupation. Pour les salariés qui ont vécu plusieurs décennies dans leur loge, le relogement doit être préparé avant la date de départ.
La priorité proposée rejetée par 58 voix contre 34
En 2025, des élus du XVIe arrondissement ont proposé de modifier le traitement de ces situations. Leur vœu demandait que les gardiens proches de la retraite ou confrontés à une inaptitude médicale bénéficient d’une priorité spécifique pour obtenir un logement social adapté.

Le dispositif devait être intégré aux critères de cotation. Il prévoyait également un recensement des personnes exposées à une perte de logement et un accompagnement destiné à anticiper la fin du contrat. Jérémy Redler, maire du XVIe arrondissement, estime que beaucoup de gardiens disposent d’une faible pension de retraite et de peu de capital pour se reloger.
Soumis au Conseil de Paris en juin 2025 avec un avis défavorable de l’exécutif municipal, le vœu a été rejeté lors d’un scrutin public. Sur 105 votants, 34 se sont prononcés pour et 58 contre. Douze élus se sont abstenus et un autre n’a pas pris part au vote.
Ce rejet n’a créé aucun nouveau critère propre à la profession. Les gardiens concernés restent soumis aux procédures ordinaires d’attribution et peuvent solliciter les services sociaux ou, lorsqu’ils remplissent les conditions prévues, engager un recours au titre du droit au logement opposable. Ces démarches ne constituent cependant pas une promesse de relogement rapide.
Les prochaines échéances concernent d’abord les contrats de Radhia et de Fatiha: la première pourrait perdre sa loge à 70 ans, tandis que la seconde devait la quitter en 2026, sans date plus précise rendue publique. Leur éventuel relogement et l’évolution de leurs demandes de HLM restent inconnus. Après le rejet du vœu de 2025, aucun nouveau vote sur une priorité professionnelle n’est annoncé; une nouvelle initiative municipale ou une modification de la cotation serait nécessaire pour instaurer un traitement distinct.
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