La demande de masques repart brutalement à la hausse en France, portée par les craintes autour de l’hantavirus. Selon les chiffres rapportés par France Inter et repris par Midi Libre, les commandes de FFP2 ont été multipliées par cinq en quelques jours, alors que le gouvernement affirme qu’il n’y a pas de circulation du virus dans la population.
En bref
- —Demande de FFP2 multipliée par cinq
- —Pharmacies confrontées à des livraisons limitées
- —Le gouvernement écarte une alerte sanitaire
Une ruée rapide vers les masques
Le mouvement est soudain. En moins d’une semaine, la demande de masques FFP2 aurait été multipliée par cinq, tandis que celle des masques chirurgicaux aurait été multipliée par quatre, selon France Inter, cité par Midi Libre.

Cette hausse intervient alors que les autorités répètent qu’il n’existe pas, à ce stade, de signe de circulation du hantavirus dans l’Hexagone. Mais la mémoire de la pandémie de Covid-19 reste vive : face à une incertitude sanitaire, une partie du public préfère anticiper plutôt que d’attendre d’éventuelles consignes.
Le phénomène concerne directement les officines. Les Français se rendent en pharmacie pour acheter des protections respiratoires, alors même que les autorités sanitaires ne recommandent pas le port généralisé du masque pour ce virus.
Des fournisseurs déjà sous pression
La tension se mesure dans les commandes. La fondatrice de la centrale d’achat pharmaceutique Pharmazon indique vendre habituellement environ 2 400 boîtes de masques par semaine aux pharmacies. Depuis lundi, elle affirme en avoir écoulé 15 000.

Cette accélération met les distributeurs en difficulté. Les trois principaux grossistes répartiteurs, qui détiennent selon l’article 95 % du marché des masques, ont alerté les officines : les livraisons de FFP2 et de masques chirurgicaux pourraient se faire au compte-gouttes, voire ne pas être assurées.
La situation tient aussi aux stocks disponibles. Après le Covid, certains distributeurs ont conservé des invendus, ce qui a pesé sur leur trésorerie. « Nous, distributeurs, on n’en a pas beaucoup en stock », explique la responsable de Pharmazon à France Inter, selon Midi Libre.
Une pénurie durable n’est toutefois pas présentée comme certaine. D’après les éléments rapportés, la situation pourrait se résorber dans les semaines à venir, le temps que les circuits d’approvisionnement s’ajustent à la hausse brutale des commandes.
Pour comprendre
La réaction du public s’inscrit dans le souvenir encore récent du Covid-19, qui a profondément modifié les réflexes face aux alertes sanitaires. Même en l’absence de consigne officielle, certains Français choisissent de se protéger ou de constituer des réserves par prudence.
Les autorités tentent de rassurer
Le gouvernement cherche à désamorcer la ruée. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré qu’il n’y avait « aucune raison de porter un masque actuellement concernant ce virus », en rappelant l’absence de diffusion dans la population.

Le message est identique du côté des transports. Le ministre Philippe Tabarot a estimé mercredi 13 mai que le port du masque dans les transports en commun ne lui semblait pas nécessaire à ce stade. Il a écarté l’idée d’un retour des masques ou de précautions particulières généralisées.

