La tendance se confirme même après correction des biais statistiques. En retirant des calculs les retraités, les non-résidents et les personnes décédées en cours d’année, les proportions s’atténuent légèrement — 6,3 % pour les 0,1 % les plus riches, 7,6 % pour les 0,01 % — sans jamais contredire la dynamique de fond : l’exonération croît avec la fortune.
Cette progression n’est pas une anomalie statistique. Elle révèle une logique fiscale structurelle, dont les mécanismes précis restent pourtant largement dans l’ombre — une opacité que les pouvoirs publics semblent peu pressés de dissiper.

Silence de Bercy, Lacunes des Données : ce que l’État Refuse encore de Dire
Cette opacité structurelle trouve une illustration concrète dans le comportement des institutions elles-mêmes face aux révélations.
La note sénatoriale le reconnaît explicitement : le revenu fiscal de référence de ces contribuables n’a pas été communiqué. Une lacune qui n’est pas anodine — c’est précisément cette donnée qui permettrait de comprendre par quels mécanismes des foyers détenant des patrimoines immobiliers de plusieurs millions d’euros parviennent à afficher un impôt sur le revenu nul ou négatif.
Du côté de l’administration, le silence est tout aussi éloquent. Questionnée par l’AFP en marge d’un événement à Bercy, la directrice générale des Finances publiques, Amélie Verdier, « n’a pas souhaité réagir ». Une posture d’autant plus frappante que les données en question ont été transmises par le gouvernement lui-même aux sénateurs chargés de les analyser.
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