
Le surnom « p’tit kiki », isolé dans certains titres, appartient ainsi au langage intime du couple. Il ne constitue ni une information d’enquête ni un élément matériel relatif à la disparition. L’amant a déclaré à la cour qu’il était ensuite allé dormir à son domicile, avant de rejoindre son travail à 6 h 30 le lendemain matin.
D’autres échanges possèdent un ton sexuel. L’homme aurait notamment écrit à Delphine: « vivement la réouverture des clubs échangistes », pendant la période des restrictions sanitaires. Interrogé lors du procès, il a toutefois affirmé ne pas s’être rendu dans des clubs échangistes. Aucun élément présenté à l’audience n’a établi que le couple en fréquentait effectivement.
NextPlz rapporte également un message envoyé par l’amant à une amie: « Avec Delphine, c’était toujours sushis-champagne-hôtel. Elle me revenait cher. Mais bon, j’avais un bon retour sur investissement ». Cette formule désinvolte renseigne sur la manière dont il racontait la relation à une tierce personne, mais elle n’explique ni la disparition ni les événements survenus au domicile familial.
Voiture, logement, vin: la séparation devenait concrète
La portée judiciaire des messages tient moins à leur contenu intime qu’au calendrier qu’ils permettent de reconstituer. Delphine Jubillar et son amant se retrouvaient à l’hôtel, parlaient longuement et envisageaient de vivre ensemble en 2021. À l’audience, celui-ci a décrit leur état d’esprit durant les jours précédant la disparition: « Nous étions un peu euphoriques les derniers jours parce que ça se concrétisait ».

Le 12 décembre 2020, trois jours avant la disparition, Delphine achète une voiture avec l’aide de son amant. Le 15 décembre, l’homme commande un carton de vin destiné à leurs prochaines retrouvailles. « Il me tarde de l’ouvrir ce carton », lui écrit-elle. Elle recherche parallèlement un nouveau logement et a déjà pris contact avec un avocat pour organiser sa séparation.
La décision de quitter son mari apparaissait aussi dans les démarches bancaires. Elle avait retiré en septembre 2020 la procuration accordée à Cédric Jubillar sur son compte et devait finaliser un changement de code de carte bancaire le 18 décembre. Dans un message du 5 décembre retenu par la cour, elle lui écrivait: « Tu me pourris la vie » et annonçait son départ prochain.
Ces actes ont contribué à établir que l’infirmière préparait une nouvelle vie et qu’une disparition volontaire était incompatible avec ses projets immédiats. Ils ont également nourri l’analyse du mobile conjugal défendue par l’accusation, Cédric Jubillar ayant découvert l’existence de l’amant et cherché à surveiller les échanges de son épouse.
Une disparition sans corps depuis décembre 2020
Delphine Jubillar n’a plus donné signe de vie après la soirée du 15 décembre 2020. Son mari a signalé sa disparition à la gendarmerie peu après 4 heures le lendemain, tandis que d’importantes recherches étaient engagées autour du domicile familial. Aucun corps ni aucune scène de crime formellement identifiée n’ont été découverts.
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