
Le 12 décembre 2020, trois jours avant la disparition, Delphine achète une voiture avec l’aide de son amant. Le 15 décembre, l’homme commande un carton de vin destiné à leurs prochaines retrouvailles. « Il me tarde de l’ouvrir ce carton », lui écrit-elle. Elle recherche parallèlement un nouveau logement et a déjà pris contact avec un avocat pour organiser sa séparation.
La décision de quitter son mari apparaissait aussi dans les démarches bancaires. Elle avait retiré en septembre 2020 la procuration accordée à Cédric Jubillar sur son compte et devait finaliser un changement de code de carte bancaire le 18 décembre. Dans un message du 5 décembre retenu par la cour, elle lui écrivait: « Tu me pourris la vie » et annonçait son départ prochain.
Ces actes ont contribué à établir que l’infirmière préparait une nouvelle vie et qu’une disparition volontaire était incompatible avec ses projets immédiats. Ils ont également nourri l’analyse du mobile conjugal défendue par l’accusation, Cédric Jubillar ayant découvert l’existence de l’amant et cherché à surveiller les échanges de son épouse.
Une disparition sans corps depuis décembre 2020
Delphine Jubillar n’a plus donné signe de vie après la soirée du 15 décembre 2020. Son mari a signalé sa disparition à la gendarmerie peu après 4 heures le lendemain, tandis que d’importantes recherches étaient engagées autour du domicile familial. Aucun corps ni aucune scène de crime formellement identifiée n’ont été découverts.
Trente ans prononcés sur un faisceau d’indices
Le 17 octobre 2025, la cour d’assises du Tarn a déclaré Cédric Jubillar coupable du meurtre de son épouse et l’a condamné à trente ans de réclusion criminelle. La peine correspondait aux réquisitions de l’accusation. Il a fait appel et bénéficie, devant la juridiction appelée à le rejuger, de la présomption d’innocence.

La décision de première instance ne reposait pas sur les seuls SMS. Le fils du couple, âgé de 6 ans au moment des faits et dont l’identité doit être protégée, a rapporté une dispute entre ses parents après son coucher. Deux voisines ont également déclaré avoir entendu des cris de femme, mêlés à des aboiements, dans une plage horaire située entre 22 h 55 et 23 h 10.
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