📌 Coline Berry accuse son père de viols devant les députés : un témoignage qui ébranle
Posted 2 mai 2026 by: Admin
Le 29 avril 2026, Coline Berry, comédienne et fille de l’acteur Richard Berry, a témoigné devant la commission d’enquête parlementaire sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses. Devant les députés, elle a décrit des années d’abus qu’elle qualifie de « viols répétés », commis selon elle presque chaque week-end au milieu des années 1980. Son intervention, à la fois personnelle et politique, relance une affaire dont le volet pénal est définitivement prescrit, tout en alimentant un débat législatif sur la capacité de la justice française à entendre les victimes d’inceste.
En bref
- —Coline Berry témoigne à l’Assemblée le 29 avril 2026
- —La plainte pénale classée sans suite dès 2022 pour prescription
- —Elle réclame l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs
« C’était des viols répétés » : un témoignage sans filtre
Dès ses premiers mots devant les parlementaires, Coline Berry a posé un cadre brutal : « Je suis née dans la violence. » Elle évoque d’abord les violences conjugales dont sa mère, la comédienne Catherine Hiegel, dit avoir été victime alors qu’elle était enceinte de sept mois, avec un tympan perforé. Pour Coline Berry, ce n’est pas un contexte accessoire mais « le point de départ » de tout ce qui a suivi.

Au cœur de son témoignage, elle décrit ce qu’elle appelle les « jeux de l’orchestre ». « Les jeux de l’orchestre n’étaient pas des jeux. C’était des viols répétés, presque chaque week-end », a-t-elle déclaré devant la commission. Elle affirme conserver des décennies plus tard des traces sensorielles précises — des odeurs, des images — qui alimentent encore les symptômes d’un traumatisme profond.
Elle raconte également les stratégies mises en place pour se protéger, faute de pouvoir se faire entendre. À l’âge de dix ans, elle a cessé de s’alimenter pendant les vacances scolaires pour être renvoyée chez sa mère. « J’ai tenu presque deux ans », dit-elle, qualifiant cette décision de « seule façon de me protéger ». Elle évoque aussi une toile tendue autour de son lit pour empêcher tout accès la nuit. Dans ce qu’elle décrit comme le « clan » Berry, « le silence était la règle. On ne dénonçait pas la figure paternelle ».
Une plainte prescrite, une relaxe obtenue : l’impasse judiciaire
Sur le plan pénal, l’affaire est aujourd’hui close. En janvier 2021, Coline Berry a déposé plainte à Paris contre son père et l’ancienne compagne de celui-ci, la chanteuse Jeane Manson, pour viols, agressions sexuelles et corruption de mineur, pour des faits situés au milieu des années 1980. L’enquête a été classée sans suite le 31 août 2022 pour cause de prescription : les délais légaux permettant de poursuivre ces infractions étaient expirés.

La procédure ne s’est pas arrêtée là. Jeane Manson a saisi la justice pour diffamation contre Coline Berry. En 2022, un tribunal d’Aurillac a condamné cette dernière. La Cour de cassation a ensuite annulé ce jugement, et la cour d’appel de Lyon a finalement prononcé la relaxe de Coline Berry en juillet 2024.
Richard Berry et Jeane Manson ont toujours nié les faits qui leur sont reprochés et bénéficient de la présomption d’innocence. Aucune condamnation pénale n’a été prononcée à leur encontre dans ce dossier, et le classement sans suite pour prescription ne constitue pas un jugement sur le fond de l’affaire.
Qu’est-ce que la CIIVISE ?
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) a été créée en 2021 pour documenter l’ampleur du phénomène en France et formuler des recommandations à destination des pouvoirs publics. Ses travaux ont établi qu’un enfant est victime de violences sexuelles toutes les trois minutes dans le pays. Ses conclusions alimentent aujourd’hui directement les travaux de la commission parlementaire d’enquête créée en janvier 2026.
La commission parlementaire sur l’inceste : un contexte national alarmant
Le témoignage de Coline Berry s’inscrit dans les travaux d’une commission d’enquête créée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 28 janvier 2026, à l’initiative du député Christian Baptiste. Son intitulé complet dit l’ambition du projet : « Commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices. »

La commission auditionne des victimes, des associations, des magistrats et des professionnels de santé. Elle s’appuie sur les travaux de la CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), dont le bilan est accablant : environ 160 000 enfants sont victimes de viols ou d’agressions sexuelles chaque année en France, dont 77 % dans un cadre familial.
D’autres témoins ont été entendus lors de la même séance, dont l’illustratrice Cécile Cée, qui a qualifié l’inceste de « crime de masse » et dénoncé la banalisation culturelle des violences sexuelles au sein des familles. Ces auditions successives dessinent un tableau de défaillances systémiques dans la prise en charge des victimes par l’institution judiciaire.
Imprescriptibilité, rétroactivité : les réformes réclamées par les victimes
Au-delà de son témoignage personnel, Coline Berry est venue à l’Assemblée avec des revendications précises. Elle s’est prononcée pour l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs, estimant que les délais légaux actuels — si longs soient-ils — demeurent un obstacle structurel pour des victimes dont la parole met souvent des décennies à se libérer.

Elle a également plaidé pour « la suppression de la non-rétroactivité des lois pour les victimes d’hier » : une mesure qui permettrait aux victimes de faits commis avant l’extension des délais de prescription d’en bénéficier rétroactivement. Une réforme juridiquement complexe, qui remettrait en cause un principe fondamental du droit pénal français.
Parmi ses autres demandes : interdire les poursuites en diffamation contre une victime pendant le cours d’une enquête pénale — une procédure qu’elle a elle-même subie — et rendre obligatoires des évaluations psychologiques immédiates des personnes mises en cause dès le début de l’instruction. « Des actes, des lois, des changements dans les procédures » : c’est en ces termes qu’elle a résumé ses attentes devant les députés, à qui il reviendra de formuler des recommandations dans leur rapport final.
Le témoignage de Coline Berry devant les députés aura au moins accompli cela : donner un visage et une voix à une réalité que les chiffres peinent seuls à restituer. Il illustre surtout les contradictions d’un système où des victimes témoignent publiquement des décennies après les faits, sans que la justice puisse en connaître faute de délais suffisants. La commission d’enquête parlementaire, dont les travaux se poursuivent, devra formuler des propositions concrètes face à ce constat. La question de la prescription — et de ses limites face à des crimes commis sur des enfants — est désormais ouvertement posée au législateur.










