📌 Condamné à 30 ans, le violeur de Karine Jambu sera libre le 12 mai et s’installe à Rennes

Posted 1 mai 2026 by: Admin #Cuisine

Karine Jambu a appris mercredi soir la nouvelle qu’elle redoutait depuis novembre : son violeur, condamné en 2018 à trente ans de réclusion criminelle, sortira de la prison de Caen le 12 mai. Après seulement huit ans de détention, Roland Blaudy va retrouver la liberté — et s’installer à Rennes, la ville même où vit celle qu’il a abusée dès l’âge de cinq ans.

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En bref

  • Libéré le 12 mai après seulement 8 ans sur 30
  • Il s’installe à Rennes, ville où vit sa victime
  • Au moins 3 condamnations, une quinzaine de victimes mineures

La nouvelle qui a tout brisé

Karine Jambu avait cinq ans lors des premiers viols. Pendant plusieurs années, Roland Blaudy l’a abusée sous les yeux de ses parents et des services sociaux, qui n’ont pas su la protéger. C’est seulement après son incarcération dans le cadre d’une autre affaire pédocriminelle que son calvaire a pris fin.

La nouvelle qui a tout brisé
Image d’illustration © TOPTENPLAY

En 2018, Karine a vingt ans. Son violeur comparaît devant la cour d’assises et reconnaît les faits, expliquant qu’il ne « pensait pas que c’était mal ». Il est condamné à trente ans de réclusion criminelle — la peine maximale prévue par la loi.

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Aujourd’hui âgée de 29 ans, la jeune femme avait réussi à se reconstruire. En novembre, elle avait appris que Blaudy demandait à sortir de prison. « Je suis effondrée », avait-elle alors confié à 20 Minutes. Mercredi soir, le pire est arrivé : un courrier du juge d’application des peines lui annonçait officiellement la libération de son bourreau pour le 12 mai, depuis la prison de Caen, dans le Calvados.

La « confusion des peines » : comment trente ans deviennent huit

Pour comprendre comment un homme condamné à trente ans en 2018 peut sortir de prison après seulement huit ans, il faut se plonger dans les mécanismes du droit pénal français. Le dispositif en cause s’appelle la « confusion des peines », encadré par l’article 132-3 du Code pénal.

La « confusion des peines » : comment trente ans deviennent huit
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Roland Blaudy avait déjà été condamné en 2007 à dix-huit ans de réclusion criminelle pour des viols commis sur sa propre fille. Lorsqu’il a été condamné à nouveau en 2018, les deux peines n’ont pas été additionnées : la plus longue a « absorbé » la première. Elles s’exécutent simultanément, et non l’une après l’autre.

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Dans son courrier, la juge d’application des peines précise que Blaudy « a purgé sa peine d’emprisonnement criminelle » et que « la dangerosité de l’intéressé a été réduite par le travail effectué en détention ». La période de sûreté étant achevée, le procureur de la République de Caen confirmait en novembre qu’il était « juridiquement en droit de déposer une demande d’aménagement de peine ».

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C’est le nombre approximatif de victimes mineures identifiées dans les affaires impliquant Roland Blaudy, depuis sa première condamnation en 1997.

S’installer à Rennes : dans la même ville que sa victime

Au choc de la libération s’ajoute un second traumatisme. Le courrier du juge révèle que Roland Blaudy va s’installer à Rennes — précisément la ville où réside Karine Jambu. « Ça me dégoûte. Je ne comprends pas comment c’est possible. Comment on peut laisser une personne comme ça sortir de prison ? Et s’installer dans la même ville que moi en plus ! », réagit-elle.

S'installer à Rennes : dans la même ville que sa victime
Image d’illustration © TOPTENPLAY

La magistrate justifie cette domiciliation par le fait que « l’intéressé n’a pas d’autre adresse », raison pour laquelle « cette situation inconfortable n’a pu être évitée ». L’expression « situation inconfortable », employée pour qualifier la cohabitation imposée d’une victime avec son bourreau dans la même ville, illustre la distance parfois saisissante entre le langage juridique et la réalité vécue.

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Seules contraintes imposées à Blaudy, aujourd’hui âgé de 74 ans : l’interdiction d’entrer en contact avec sa victime « de quelque manière que ce soit » pendant quinze ans, et un suivi qualifié de « particulièrement renforcé ». Des garanties que Karine juge très insuffisantes. « Il a bousillé une partie de ma vie et on le libère. Je fais quoi moi ? J’arrête de sortir ? Comment je vais réagir si je dois le croiser ? », confie-t-elle.

« Je me sens trahie par la justice » : l’absence de tout recours

Karine Jambu se retrouve aujourd’hui sans recours juridique pour s’opposer à cette libération. « Ça sert à quoi de prononcer trente ans de prison si c’est pour le laisser sortir ? C’est pour calmer la victime et la soulager ? », lâche-t-elle, amère.

« Je me sens trahie par la justice » : l'absence de tout recours
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Sa tante, Laurence Brunet-Jambu, qui l’a soutenue pendant des décennies face aux défaillances du système judiciaire et des services sociaux — et qui a fait condamner l’État à plusieurs reprises — ne décolère pas. « C’est elle qu’on condamne à nouveau. C’est comme si on remettait la victime en prison. Cet homme est un violeur multirécidiviste qui a déjà fait plusieurs victimes. Quand il a violé Karine, il était censé être en soins ! Il n’a jamais écrit, jamais demandé pardon », dénonce-t-elle.

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Roland Blaudy compte au moins trois condamnations pour viols ou agressions sexuelles sur mineurs depuis 1997. La tante pose la question centrale : « On fait des prisons ultra-sécurisées pour les dealers mais on laisse les violeurs dehors ? » Une interrogation qui résonne bien au-delà du seul cas Blaudy.

Une histoire déjà portée à l’écran

Le calvaire de Karine Jambu avait fait l’objet d’un livre intitulé Signalements, puis d’un téléfilm réalisé par Éric Métayer et diffusé sur France TV, dans lequel Cécile Bois et Flavie Dachy interprétaient la tante et la nièce. Ces œuvres avaient mis en lumière les défaillances répétées de la protection de l’enfance : dès la naissance de Karine, des alertes avaient été données par les sages-femmes, sans être suivies d’effet. Sa mère, à qui la garde avait néanmoins été confiée, avait pourtant déjà été condamnée pour avoir poignardé à mort son propre bébé avant la naissance de Karine.

L’affaire Roland Blaudy met en lumière une tension fondamentale du droit pénal : celle entre la réinsertion du condamné et la protection de la victime. Le mécanisme de la confusion des peines, légal mais méconnu du grand public, a permis à un pédocriminel multirécidiviste de retrouver une liberté que sa victime n’avait pas demandée pour lui. Karine Jambu, 29 ans, se retrouve contrainte de partager sa ville avec son bourreau, sans possibilité juridique de s’y opposer. Son histoire, déjà portée à l’écran dans Signalements, pointait les failles de la protection de l’enfance. Elle désigne désormais celles de l’aménagement des peines pour les crimes sexuels les plus graves.

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