📌 Deux militaires morts lors d’un stage de plongée dans la Maine : le drame d’Angers
Posted 6 mai 2026 by: Admin
Dans la nuit du 4 au 5 mai 2026, deux militaires français ont perdu la vie lors d’un stage de plongée de combat dans la Maine, à Angers. Le sergent Bin Chen, 33 ans, légionnaire au 1er régiment étranger de génie de Laudun-l’Ardoise, et le caporal-chef Axel Delplanque, 24 ans, du 6e régiment du génie, ont été retrouvés en arrêt cardio-respiratoire après avoir perdu contact avec leur unité. Une enquête judiciaire est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame.
En bref
- —Deux soldats décédés dans la Maine à Angers, nuit du 4 au 5 mai
- —Contact perdu trois heures après leur immersion, retrouvés en arrêt cardiaque
- —Enquête ouverte par le parquet militaire de Rennes
Une plongée nocturne qui tourne au drame
Tout commence vers 23 heures, dans la nuit du lundi 4 mai. Les deux militaires s’immergent dans la Maine, au niveau du pont de Basse-Chaîne à Angers, dans le cadre d’un exercice tactique nocturne. L’entraînement se déroule en eaux intérieures, conformément aux objectifs du module de formation en cours.

Trois heures plus tard, le contact est perdu avec les deux plongeurs. Les recherches sont immédiatement lancées. Lorsqu’ils sont retrouvés et sortis de l’eau par les pompiers, ils sont en arrêt cardio-respiratoire. Les tentatives de réanimation échouent. Leurs décès sont constatés à l’hôpital universitaire d’Angers vers 4h30 du matin.
Selon le procureur de la République d’Angers, les deux sapeurs « auraient pu se retrouver coincés dans la cavité d’une pile d’un pont ». Cette hypothèse, qui n’est pas encore confirmée officiellement, constitue pour l’heure la piste principale dans cette affaire.
Bin Chen et Delplanque : deux soldats aux parcours exemplaires
Le sergent Bin Chen était né le 6 août 1992 à Hanzhong, en Chine. Il avait rejoint la Légion étrangère le 1er juillet 2016 et servait depuis lors au 1er régiment étranger de génie, basé à Laudun-l’Ardoise dans le Gard. Au fil de sa carrière, il avait effectué des missions opérationnelles au Mali, au Sénégal, au Gabon, au Tchad et en Guyane. Il avait également participé à la sécurisation des Jeux olympiques de Paris 2024, pour lesquels il avait été décoré. Il était marié.

Le caporal-chef Axel Delplanque, originaire de Lambres-lez-Douai dans le Nord, était né le 31 août 2001. Il avait d’abord servi au 13e bataillon de chasseurs alpins avant d’être affecté au 6e régiment du génie stationné à Angers. Il avait accompli des missions au Tchad et en Côte d’Ivoire, et participé lui aussi à la sécurité des Jeux olympiques de Paris 2024. Il était célibataire et sans enfants.
Les deux hommes n’étaient pas des soldats ordinaires. Engagés, déployés sur plusieurs continents, décorés : leur présence à ce stage de plongée de combat s’inscrivait dans une montée en compétence technique au service de leurs régiments respectifs.
Qui sont les plongeurs de combat du génie ?
Les plongeurs de combat du génie sont des sapeurs spécialement formés aux opérations subaquatiques en milieu fluvial et lacustre. Leur rôle est de reconnaître des berges, franchir des obstacles aquatiques et poser des charges explosives dans des conditions opérationnelles difficiles. Cette spécialité rare expose les soldats à des risques spécifiques liés aux courants, à la visibilité nulle et aux structures immergées, notamment lors des exercices nocturnes.
La formation de plongeur de combat du génie : un stage d’élite en dix semaines
Les deux militaires participaient à une formation de plongeur de combat du génie, l’une des qualifications les plus exigeantes de l’armée de Terre. Ce stage d’une durée totale de dix semaines se déroule en deux modules bien distincts.

Le premier module, de sept semaines, se tient à Saint-Mandrier, dans le Var, et couvre les aspects techniques de la plongée subaquatique. Le second module, de trois semaines, se déroule à Angers et est dédié aux opérations tactiques en eaux intérieures — rivières, canaux, plans d’eau — qui présentent des contraintes spécifiques par rapport à la plongée en mer : courants, visibilité nulle, obstacles immergés. C’est au cours de ce dernier module que le drame s’est produit.
Le 1er régiment étranger de génie de Laudun-l’Ardoise dispose d’une capacité organique de plongeurs de combat du génie (PCG), spécialisés dans les franchissements aquatiques, la reconnaissance de berges et d’obstacles, ainsi que les poses de charges en milieu fluvial. Cette qualification est indispensable à la conduite d’opérations en zones de conflit traversées par des cours d’eau.
Une enquête ouverte, des hommages à la mesure du drame
Sur le plan judiciaire, le parquet de Rennes, compétent en matière militaire, a pris en charge l’enquête. Elle a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie d’Angers. L’objectif est de reconstituer précisément le déroulement de la plongée, d’identifier les causes de l’accident et de déterminer les éventuelles responsabilités.

Les hommages ont afflué dès l’annonce officielle. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé une minute de silence à l’Assemblée nationale le mardi 5 mai après-midi. « Cette nuit, deux de nos soldats ont perdu la vie au cours d’un exercice de plongée. Ils servaient la France avec courage », a-t-elle déclaré.
La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a exprimé son soutien aux familles, aux proches et aux frères d’armes des deux disparus. Le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, a adressé ses condoléances. Dans le Gard, le 1er régiment étranger de génie et la commune de Laudun-l’Ardoise ont été plongés dans l’émotion à l’annonce de la disparition du sergent Bin Chen.
La mort du sergent Bin Chen et du caporal-chef Axel Delplanque laisse deux familles et deux régiments en deuil. L’enquête ouverte par le parquet de Rennes devra établir les causes précises de l’accident — qu’il s’agisse d’une défaillance matérielle, d’un facteur environnemental ou d’une erreur de procédure. Au-delà de la procédure judiciaire, ce drame rappelle une réalité trop souvent méconnue : les soldats français s’exposent à des risques réels non seulement en opération, mais aussi lors de leurs entraînements. Deux hommes engagés, décorés, ayant servi sur plusieurs continents, ont perdu la vie en se préparant à mieux servir leur pays.










