
Atteinte d’un cancer et traitée par chimiothérapie, la gardienne poursuit ses tâches dans l’immeuble. Son état de santé ne l’a pas conduite à cesser son activité, car la fin de son contrat entraînerait la perte du logement associé à son emploi. « Je vais devenir SDF », confie-t-elle.
Le conseil syndical prévoirait de transformer la loge en local à vélos lorsqu’elle aura 70 ans. Aucune solution de relogement n’est alors identifiée. Son départ à la retraite, normalement associé à la fin de la vie professionnelle, est donc repoussé par la crainte immédiate de ne plus avoir d’adresse.
1 200 euros par mois face à un studio loué 800 euros
Radhia dispose d’environ 1 200 euros nets par mois. Elle avait repéré un studio de 21 m² proposé à 800 euros, mais l’agence immobilière exigeait des revenus équivalant à trois fois le loyer, soit 2 400 euros mensuels. Avec la moitié de cette somme, son dossier ne pouvait satisfaire cette condition.

« Les gens pauvres, comme nous, n’ont pas le droit d’avoir un petit logement à Paris », déplore-t-elle. Le montant demandé aurait absorbé les deux tiers de son revenu avant même le paiement des charges, de l’énergie, de l’alimentation et des autres dépenses courantes. Le marché immobilier à Paris lui laisse ainsi très peu d’options accessibles.
Le logement social représente sa principale possibilité de rester dans la capitale. Sa demande a pourtant été déposée onze ans auparavant sans qu’aucune proposition lui soit parvenue. La Ville de Paris utilise une cotation fondée notamment sur les ressources, la composition du foyer, le handicap, les conditions d’habitation et la part du revenu consacrée au loyer.
Cette cotation sert à classer les dossiers correspondant aux logements disponibles. Elle ne garantit toutefois ni une attribution immédiate ni un délai précis. La perte prochaine d’une loge de fonction au moment de la retraite ne constitue pas, à elle seule, une catégorie de priorité spécifiquement réservée aux gardiens.
Trois gardiennes attendent un HLM depuis 10 à 17 ans
Le cas de Radhia rejoint celui de Fatiha Dassi, 63 ans, gardienne dans la même rue. Après plus de trente ans dans une copropriété, Fatiha devait quitter sa loge en 2026. Elle y a élevé ses enfants et attend un logement social depuis près de dix ans, sans avoir reçu de proposition au moment de son témoignage.

Slavica Nikolic, 72 ans, gardienne dans le XIIIe arrondissement, affirme pour sa part qu’elle aurait pu partir à la retraite quatorze ans plus tôt. Sa demande de HLM remonte à dix-sept ans. Confrontée à plusieurs problèmes de santé, elle reconnaît que la poursuite de son activité ne peut pas être indéfinie: « C’est vrai que ça compte, on ne peut pas être gardien à 80 ans. »
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