
Le calcul repose sur le revenu disponible du ménage, après impôts directs et prestations sociales, rapporté à sa composition. Le seuil correspond ainsi à 1 337 euros mensuels pour une personne seule et à 2 005 euros pour un couple. L’Insee ajoute 401 euros pour chaque enfant de moins de 14 ans et 669 euros pour chaque enfant plus âgé.
Pour comparer des foyers différents, l’institut utilise des unités de consommation: une unité pour le premier adulte, 0,5 pour chaque personne supplémentaire de 14 ans ou plus et 0,3 pour les plus jeunes. Deux ménages percevant le même revenu peuvent donc se situer de part et d’autre du seuil selon leur taille.
Cette mesure reste relative au niveau de vie général. Elle ne représente pas directement le budget restant après paiement du logement, des factures d’énergie ou des transports. Une hausse du seuil ne signifie donc pas, à elle seule, qu’une allocation ou un salaire minimum sera revalorisé au même niveau.
Des données 2024 publiées deux ans plus tard
Les statistiques reposent sur le rapprochement de données fiscales et sociales, ce qui explique leur publication avec décalage. Le seuil de 1 337 euros décrit donc les revenus de 2024: il ne constitue ni une estimation instantanée de la pauvreté en juillet 2026 ni un nouveau montant réglementaire.
9,8 millions de personnes pauvres, un taux stable à 15,4 %
L’Insee dénombre précisément 9,817 millions de personnes sous le seuil en 2024, contre 9,792 millions en 2023. Leur part demeure stable à 15,4 % en raison des arrondis. Ce taux reste néanmoins au sommet de la série statistique commencée en 1996, après une hausse de près d’un point enregistrée entre 2022 et 2023.

Le chiffre de 9,8 millions ne couvre pas toute la pauvreté en France. L’enquête porte sur 63,8 millions de personnes vivant dans un logement ordinaire en France métropolitaine, au sein de ménages aux revenus déclarés positifs ou nuls et dont la personne de référence n’est pas étudiante.
Les personnes sans domicile, les résidents d’institutions et les habitants des départements et régions d’outre-mer ne sont notamment pas inclus. L’Insee cite un travail réalisé sur d’autres sources qui évaluait à 11,2 millions le nombre de personnes pauvres en 2021 sur un périmètre plus large. Ce total, fondé sur une autre année et une autre méthode, ne peut pas être directement substitué au chiffre de 2024.
La situation se dégrade aussi au-dessous du seuil. La moitié des personnes pauvres ont un niveau de vie inférieur à 1 074 euros par mois. L’intensité de la pauvreté, qui mesure l’écart entre ce revenu médian et le seuil, progresse de 0,5 point pour atteindre 19,7 %.
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