14 mai 2026
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Stone a déjà signé pour mourir en Suisse : son cri contre la France

La chanteuse Stone, bientôt 78 ans, a révélé avoir signé les documents nécessaires pour recourir au suicide assisté en Suisse. Ces confidences, livrées à plusieurs reprises sur C8, interviennent dans un contexte parlementaire tendu : le 12 mai 2026, le Sénat français a rejeté pour la deuxième fois le texte sur l’aide à mourir. Son témoignage donne un visage humain à un débat que la classe politique peine encore à trancher.

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En bref

  • Stone a signé les papiers pour mourir en Suisse.
  • Le Sénat a rejeté l’aide à mourir le 12 mai 2026.
  • Une commission mixte paritaire doit trouver un accord.

« J’ai signé les papiers » : Stone a déjà tout prévu pour la Suisse

Invitée à plusieurs reprises dans l’émission de Jordan de Luxe sur C8, en 2024 puis en 2025, Stone — Annie Gautrat de son vrai nom — a livré des confidences d’une franchise rare sur la fin de vie. Elle a révélé avoir anticipé les démarches administratives liées au suicide assisté en Suisse : « J’ai déjà tout prévu. J’ai signé les papiers. »

Image d’illustration © TOPTENPLAY

Pour l’accompagner si ce moment devait arriver, l’artiste a désigné sa fille, Daisy d’Alba, comme personne de confiance. Elle est allée encore plus loin en évoquant sa réaction probable face à un diagnostic grave : « Je pense que si vraiment on me disait demain que j’étais atteinte de quelque chose de très grave, je ne chercherais même pas à faire les traitements, les chimios, je partirais direct. »

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À la racine de ces convictions se trouve une expérience personnelle douloureuse. Stone a vu sa mère finir ses jours en établissement spécialisé, et le souvenir reste vif. « Je n’irai pas en maison de retraite. J’ai vu ma mère en maison de retraite, c’est une horreur royale ! » Pour elle, la question dépasse le confort ou les soins médicaux : elle touche à la liberté de choisir sa propre fin.

Le suicide assisté en Suisse : ce que prévoit le cadre légal

En Suisse, le suicide assisté est légal pour des personnes souffrant d’une maladie incurable et disposant de leur pleine capacité de discernement. Des associations comme Dignitas permettent à des ressortissants étrangers d’y recourir, après constitution d’un dossier médical et évaluation par un médecin suisse. La démarche implique également la désignation d’une personne de confiance pour accompagner le patient. Des Français font régulièrement ce voyage, faute de disposer d’un cadre légal équivalent dans leur pays.

Une artiste lucide sur sa vie, sans apitoiement

Derrière cette prise de position tranchée, Stone dresse un bilan de vie sans fard. Elle reconnaît vivre avec une retraite modeste — autour de 1 000 euros par mois selon ses propres déclarations — et ne masque pas les erreurs du passé. « Nous avons été insouciants », a-t-elle admis en évoquant la gestion financière de ses années de duo avec Éric Charden.

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Une artiste lucide sur sa vie, sans apitoiement
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Mais l’artiste refuse qu’on la plaigne. Elle est propriétaire de son appartement parisien et d’une maison de campagne, continue de se produire sur scène, de publier des livres et de porter des projets musicaux. « C’est une bouffée d’oxygène », dit-elle de ses concerts devant un public resté fidèle.

Sa liberté de parole sur la fin de vie n’est pas une posture de désespoir. C’est, à l’en croire, une manière de conserver le contrôle sur ce qui lui appartient encore entièrement : le droit de choisir sa propre fin.

La France bloquée : le Sénat dit non, une nouvelle fois

Stone n’est pas seule dans ce combat. Françoise Hardy, qui souffrait de deux cancers, avait interpellé publiquement Emmanuel Macron dans une lettre ouverte pour réclamer la légalisation de l’euthanasie avant de mourir en juin 2024, à l’âge de 80 ans. À sa disparition, Line Renaud avait relancé cet appel, espérant qu’une loi « verra vite le jour ».

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La France bloquée : le Sénat dit non, une nouvelle fois
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le blocage législatif persiste pourtant. Le 12 mai 2026, le Sénat a rejeté pour la deuxième fois le texte sur l’aide à mourir, par 151 voix contre 118. Les sénateurs ont supprimé sa clé de voûte : la disposition qui aurait permis à une personne en fin de vie de recourir à une substance létale — auto-administrée ou remise par un soignant — sous conditions strictes.

La même semaine, le 11 mai, le Parlement adoptait définitivement la loi sur les soins palliatifs, par 325 voix pour et 18 contre. Ce double mouvement illustre la ligne de fracture : une majorité accepte d’améliorer l’accompagnement en fin de vie, mais refuse d’aller jusqu’à en autoriser activement l’issue.

151
C’est le nombre de sénateurs qui ont voté contre le texte sur l’aide à mourir le 12 mai 2026, contre 118 favorables — le deuxième rejet de la chambre haute depuis l’ouverture du débat législatif.

Commission mixte paritaire : dernier recours ou nouveau blocage ?

Après ce deuxième rejet sénatorial, une commission mixte paritaire — composée de 7 députés et 7 sénateurs — doit être convoquée pour tenter de dégager un texte commun. Mais les positions des deux chambres restent si éloignées que les observateurs doutent qu’un compromis soit atteignable.

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Commission mixte paritaire : dernier recours ou nouveau blocage ?
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Si la commission échoue, la Constitution donne le dernier mot à l’Assemblée nationale. Les députés s’étant déjà prononcés favorablement sur le principe de l’aide à mourir, un vote final de la chambre basse pourrait imposer le texte contre l’avis du Sénat.

C’est précisément ce blocage que Stone dénonce avec sa comparaison la plus forte : « On se retrouve un peu comme dans le cas de l’avortement à une autre époque. » Elle pointe ce qu’elle appelle « des dérives » et « de l’hypocrisie », estimant que des euthanasies se pratiquent déjà officieusement en France, sans cadre légal. « Je veux que Monsieur Macron prenne les choses en main », conclut-elle.

Le témoignage de Stone, précis et sans artifice, incarne ce que des milliers de Français anticipent en silence : une mort à l’étranger parce que la loi nationale ne leur laisse pas le choix. À 78 ans, elle n’attend plus la permission de personne et a déjà réglé ses affaires de l’autre côté de la frontière. La balle est désormais dans le camp d’une commission mixte paritaire, puis, très probablement, de l’Assemblée nationale — seule institution encore susceptible d’imposer une réforme que le Sénat s’obstine à bloquer.

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