En juillet dernier, un projet de loi avait pourtant été déposé pour instaurer une visite médicale obligatoire et régulière permettant aux conducteurs seniors de conserver leur permis. Trois mois plus tard, Clément Beaune, alors ministre des Transports, a clairement écarté la proposition, refusant l’idée d’un «permis périmé».
Ce refus politique illustre la difficulté du sujet : toute mesure contraignante est perçue comme une atteinte à la liberté de circulation et à l’autonomie des personnes âgées, notamment dans les zones rurales où la voiture reste indispensable.
Un permis valable à vie, sans réévaluation
En France, le permis B obtenu à l’issue de l’examen est valable à vie. Aucune disposition du Code de la route ne prévoit de réévaluation des aptitudes physiques ou cognitives des conducteurs avec l’avancée en âge. Seules des infractions graves ou des décisions judiciaires peuvent entraîner son retrait.
Des facultés qui s’altèrent avec l’âge : ce que dit la science
Selon la Sécurité routière, les personnes de plus de 75 ans sont impliquées dans les accidents dans des proportions comparables à celles des 18-24 ans. Ce parallèle souligne que les deux extrémités de la courbe d’âge concentrent des risques spécifiques sur la route.

Avec le vieillissement, plusieurs capacités essentielles à la conduite se dégradent progressivement : agilité physique, acuité visuelle et auditive, évaluation des distances, temps de réaction. Ces altérations sont naturelles mais variables d’un individu à l’autre.
La prise de médicaments constitue un facteur aggravant souvent sous-estimé. Certains traitements courants chez les personnes âgées peuvent provoquer somnolence, troubles de la concentration ou ralentissement des réflexes, augmentant ainsi le risque d’accident.
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