
L’économiste a surtout retenu un résultat de la Drees concernant les personnes encore en emploi juste avant leur départ. « Moi, je ne comprends pas comment c’est possible », a-t-il déclaré en évoquant les 35 % dont la situation s’améliore. Il a ensuite lancé: « On a le beurre et l’argent du beurre quand on part à la retraite ».
Son raisonnement conduit à un arbitrage: partir plus tôt avec une pension moins élevée, ou travailler plus longtemps afin de limiter le poids financier des retraites. Il écarte également une hausse continue des cotisations sociales, qui renchérirait le coût du travail et pourrait peser sur l’emploi, la compétitivité des entreprises et la croissance.
Les 35 % mesurent le niveau de vie, pas la seule pension
La formule selon laquelle 35 % des retraités gagneraient davantage que lorsqu’ils travaillaient ne correspond pas exactement au résultat publié. La Drees établit qu’un peu plus d’un tiers des personnes en emploi juste avant leur retraite voient leur niveau de vie augmenter après leur départ. Cet indicateur dépasse largement le seul montant de la pension.

Le niveau de vie tient compte de l’ensemble des revenus du ménage, des impôts directs et du nombre de personnes qui composent le foyer. Il peut donc progresser même lorsque le revenu personnel diminue, par exemple si les ressources du conjoint évoluent ou si les enfants ne sont plus à charge. Comparer directement pension et ancien salaire produit ainsi une conclusion trompeuse.
Les autres résultats de l’étude donnent une image plus nuancée. Pour la moitié des personnes qui travaillaient avant leur retraite, la pension est inférieure de plus de 25 % au dernier revenu d’activité. La baisse médiane atteint 14 % lorsque tous les revenus avant impôt du ménage sont pris en compte, puis 9 % après calcul du niveau de vie.
Les personnes déjà éloignées de l’emploi suivent une trajectoire différente. La Drees mesure une hausse médiane du niveau de vie de 9 % pour celles qui étaient au chômage avant leur retraite et de 4 % pour celles qui étaient en invalidité. Le passage à la pension peut alors remplacer une situation antérieure particulièrement dégradée.
14,6 % du PIB consacrés aux pensions en France
La France consacre une part élevée de sa richesse nationale aux pensions. D’après les données Eurostat diffusées par l’Insee, ces dépenses représentaient 14,6 % du produit intérieur brut en 2023, contre 12,3 % dans l’ensemble de l’Union européenne. La comparaison englobe notamment les pensions de vieillesse, de survie, d’invalidité et certaines préretraites.

Un écart de pourcentage ne peut toutefois pas être converti automatiquement en économie immédiatement disponible. Les différences entre pays reflètent aussi leur démographie, l’âge de départ, le montant des pensions et la place respective des régimes publics, professionnels ou privés. Elles résultent également de choix collectifs sur la répartition des revenus entre actifs et retraités.
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