
Regarde bien cette assiette. Le riz est d’un brun presque noir par endroits, là où le kecap manis a caramélisé au contact du wok brûlant. L’œuf au plat est posé dessus, son blanc encore légèrement croustillant sur les bords, son jaune brillant comme un soleil d’été. Autour, les lamelles de concombre fraîches, les demi-lunes de tomate, et cette pluie d’échalotes frites qui sentent le caramel salé à un mètre. C’est le genre de plat qui fait taire une tablée.
Pourquoi vous allez adorer cette recette
Les ingrédients en détail

Tous les ingrédients du nasi goreng réunis : le riz, le poulet mariné, la pâte de crevettes terasi et le kecap manis, la star sucrée-fumée du plat.
- Le kecap manis : C’est l’âme du plat, point. Cette sauce soja indonésienne sirupeuse et sucrée — quelque chose entre la sauce soja classique et la mélasse — caramélise dans le wok et donne au riz sa couleur acajou si reconnaissable. Marque ABC ou Bango, on en trouve facilement en épicerie asiatique. Si tu es bloqué, un mélange moitié sauce soja foncée, moitié cassonade fondue peut dépanner, mais l’original n’a vraiment pas d’équivalent parfait.
- La pâte de crevettes (terasi ou belacan) : Ça sent fort. Très fort, crue. C’est voulu, et c’est normal. Une fois cuite dans le wok avec les aromates, cette odeur puissante se transforme en quelque chose de bien plus doux et profond — une base umami qu’on ne peut pas reproduire autrement. Si tu n’en trouves pas en bloc, la sauce aux crevettes en pot type Lee Kum Kee marche très bien et est plus facile à doser pour commencer.
- Le riz de la veille : C’est ici que beaucoup ratent. Du riz fraîchement cuit contient trop d’humidité — il colle, s’agglomère, et le résultat est pâteux. Le riz passé une nuit au frigo a séché, chaque grain est distinct et prêt à absorber les saveurs sans se transformer en masse. Si tu n’as pas pu anticiper, étale le riz cuit sur une plaque et mets-le 30 minutes au réfrigérateur avant de commencer.
- Les échalotes frites en sachet : Ne t’embête pas à les faire toi-même pour cette recette. Celles vendues en sachet en épicerie asiatique sont parfaites — déjà croustillantes, légèrement caramélisées, prêtes à l’emploi. Elles apportent un croquant qui contraste avec la texture moelleuse du riz et un goût d’oignon fumé qui finit le plat. Mets-en beaucoup, vraiment.
- Les piments thaïs : Facultatif, mais franchement recommandé si tes invités tiennent l’épice. Ils sont petits et costauds — deux suffisent pour sentir quelque chose, cinq pour avoir chaud. Ajoute-les en fin de cuisson si tu veux un coup de feu ponctuel par bouchée, ou dès le début avec les oignons pour une chaleur homogène dans tout le riz.
La mise en place : l’organisation qui fait tout
Le nasi goreng ne pardonne pas l’improvisation au moment de cuire. Pas parce que c’est difficile, mais parce que tout va très vite au wok et qu’il n’y a pas de place pour chercher quoi que ce soit une fois le feu allumé. Commence par mariner le poulet dans la sauce soja, la maïzena et un filet d’eau — tu vas sentir la marinade s’épaissir légèrement autour des morceaux, comme un voile collant. Laisse reposer 20 à 30 minutes pendant que tu prépares le reste. Ail haché, échalotes émincées, pâte de crevettes dosée dans un petit bol, kecap manis prêt à verser, riz sorti du frigo. Tout doit être aligné avant d’allumer le feu. Une fois organisé, la cuisson elle-même prend moins de 15 minutes.
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